Dessiner orteils ; désir insatiable

 

« Je veux seulement être qui je suis. »

 

{The original, English version of Caroline’s letter will soon appear on Montaigbakhtinian, but this French version is going first.}

 

En vérité, Mademoiselle, j’ai eu tant de plaisir à broder cet ensemble médiéval, que je ne vous demande rien en échange.

– Adapté de « L’Horloge » poème en prose de Baudelaire

 

Cher William,

Jamie, looking regal, pen drawing, June 2017, William EatonC’est Carolyn. Il y a six jours, j’ai eu l’expérience la plus intense depuis que j’ai commencé à dessiner. Pendant une heure et demie j’ai fait des esquisses des orteils nus d’une étudiante – les orteils que cette jeune femme semblait offrir, gratuitement, à mon stylo, à mes yeux affamés. Deux inconnues – l’autre et moi. Faisant en silence un travail obscur, inarticulé. Ce n’était qu’à la toute fin du siège – de notre séance – que j’ai fini par lui adresser quelques mots – auxquels elle n’a répondu que fort succinctement.

J’ai récemment lu le récit d’un étrange engouement au Japon, qui remonte à quelques décennies. Dans certains restaurants, les serveuses circulaient en mini-jupe et sans slips. Je suppose que de temps en temps un des clients avides a entrevu un morceau de fesse ou une touffe de velours noir, mais – pour moi, du moins – l’idée, le charme, venaient plutôt de ce que ces hommes savaient – ou imaginaient – qu’en dessous de leurs jupes, ces jeunes femmes étaient toutes nues, mais – souffrance délicieuse ! – les hommes ne pouvaient pas le voir ; ils ne pouvaient pas être sûrs que l’essentiel était bien là, accessible. Bref, ma première pensée – nonobstant que je suis une femme hétéro et plus très jeune – était que la étudiante dont je dessinais et redessinais les orteils pouvait elle aussi être nue sous sa robe blanche à rayures noires (ressemblant à une « Work-to-weekend fit & flare dress » que ma fille avait commandée chez Macy’s pour sa tournée des universités).

Mais non, ce n’est pas cela du tout. De quoi s’agissait-il? « C’est érotique quand les parties dépassent leurs proportions », suggérait un poète, mais je ne sais pas si c’est vrai ou si le poète lui-même croyait que c’était vrai. Mais c’est sûr qu’il y avait quelque chose d’illicite dans le fait que je dessinais inlassablement une partie nue du corps d’une autre, et sans sa permission, et puis dans cette autre possibilité – forte ? – que l’autre y fût également engagée – silencieusement, secrètement – comme moi. Il y avait, si vous le voulez, une partie d’elle qui comprenait, profondément, pourquoi un frère aîné – ou, dans ce cas-ci, une sœur vraiment plus âgée, avec sa poitrine en forme d’aubergine en train de se dessécher – s’était glissé dans sa chambre et avait soulevé le drap pour la regarder dans son sommeil, sa chemise de nuit remontée au-dessus de ses hanches.

Pardonnez-moi, s’il vous plaît, ces fantasmes. Je cherche à comprendre pourquoi je continuais à dessiner les orteils de cette jeune femme, au risque – ou craignant – d’exploser de désir? Quelque chose dans ce genre. En tout cas, il est monté à un tel niveau que j’ai dû prendre la poudre de l’escampette.

Tu me crois cinglée? Cinglée, je le suis assurément! Et j’aimerais rajouter que j’apprécie que toi et tes lecteurs, vous soyez là. Il y a des choses qu’un être a besoin de dire à voix haute. Puis-je, et cela sans être protestante, nommer cet acte « témoigner » – sinon de La Lumière, du moins des ténèbres nouées entre mes jambes, dans mon esprit ? Mise à part ma fille – à qui je veux de temps en temps épargner le récit de tout ce qui sort de mon esprit – je ne connais personne d’autre à qui je pourrais confier certaines choses. Je vous remercie donc pour ce service – même si nous ne nous sommes jamais rencontrés en chair et en os et que personne parmi tes lecteurs ne lira peut-être les lettres que je t’envoie.

 

Toes plus face, Cambridge, April 2017, pencil drawing by William EatonReprenons. Il y a six jours, j’étais avec ma fille à Cambridge, dans le Massachusetts, en train de visiter des universités pour voir si l’une d’elles lui convenait, et vice-versa. Cet après-midi-là, j’avais laissé Alexandra seule à l’hôtel pour qu’elle puisse passer en revue ses messages ou s’entraîner au club de sport, et j’étais sortie sans but précis flâner au soleil, dans les cours des « houses » d’Harvard. J’ai fini par m’arrêter dans un café-pâtisserie apparemment cher aux Harvardiens (et qui préparait de bons latte). J’étais entourée d’étudiants – des jeunes femmes pour la plupart, mais aussi quelques jeunes hommes – en train de travailler sur leur Mac. Mettant à profit un prospectus glané dans l’université Tufts, j’essayais de dessiner des nez et des lèvres. Les nez – je ne suis pas la première personne à le remarquer – sont des phallus. Quant aux lèvres, elles sont devenues une de mes obsessions. Je n’arrive pas à bien les reproduire. J’essaie de tracer soigneusement chaque petite courbe et chaque petite grosseur mais finis toujours par faire trop de lignes. Alexandra m’a dit une fois que toutes mes femmes semblent avoir des moustaches à la place de jolies lèvres charnues. C’est frustrant.

Serait-ce la lesbienne qui sommeille en moi depuis 54 ans qui se réveille enfin ? Ou bien la fétichiste des pieds ? Hier, dans mon cours de Pilates, je me suis surprise en train de regarder les pieds nus des deux jeunes femmes. Ils étaient très jolis. Je garde encore le souvenir de la voûte élancée du pied de la deuxième. Dans mon esprit, j’arrive presque à l’enlacer avec mes mains.

Dans ce café-pâtisserie de Harvard, j’ai constaté que la jeune femme assise sur la banquette à ma gauche avait des orteils ravissants. Chacun ressemblait à un individu. Pas un seul n’était écrasé contre l’autre (comme le sont les orteils des pauvres vraies femmes), mais ils commençaient – jolie étape intermédiaire – à se courber artificiellement, ou disons astucieusement. (Je pense à un arbre de Jade qui se trouve sur le rebord de la fenêtre de ma cuisine. Le cadre l’empêche de pousser comme il le voudrait, et pourtant il pousse, se contorsionnant par ci, par là.)

Un rideau ensoleillé de cheveux m’empêchait de voir son visage et je ne voulais pas l’examiner de trop près. Une paire de tongs vert pâle reposait sur le plancher. Sa jambe droite était croisée au-dessus de la gauche, de sorte que ce pied nu et ces orteils s’offraient en premier à mon champ de vue. Son autre jambe pendait, les orteils touchant à peine la base métallique, un peu ornée, de la table, non loin des tongs.

Le stylo s’est mis à griffonner sur une photo représentant des touffes d’étudiantes jouant au soccer – la pelouse verte se couvrant d’encre bleue. Coup d’œil rapide vers ma gauche – vers les orteils –, quelques traits sur le prospectus, prochain coup d’œil. Essayant en même temps de déterminer si la jeune femme se rendait compte que je la dessinais, si elle observait mes traits, ses orteils.

Une simple question (« Cela vous gêne si je fais des croquis de vos orteils ? ») aurait peut-être suffi. Et pourtant, cela ne semblait pas adapté. De plus, elle travaillait, ses yeux rivés à son Mac, à ce qui devait être une dissertation. Je ne voulais pas la déranger. Si elle avait protesté, je lui aurais dit qu’elle possédait de très jolis orteils, que j’en étais jalouse. (Cela aurait été bien mieux si ma jalousie s’était reflétée dans mes lignes, mais… mon art est en retard sur ma psyché.)

Après cette première esquisse, je me suis éclipsée au W.C., puis me suis mise à tracer les bouches et les nez de personnes qui se trouvaient plus loin de moi. Mais les orteils restaient gravés en moi. Était-ce le défi de rendre fidèlement leurs courbes et leurs lignes droites ? En partie, oui. Mais en même temps, je me suis souvenue de celui que ma mère appelait « le petit prêtre » , le cousin éloigné d’un de ses beaux-frères. Alors que je commençais à bourgeonner (maladroitement, les rotules d’abord plus protubérantes que les seins), cet homme me jetait de ces regards… Comme si j’étais un pamplemousse et que ses yeux étaient une de ces petites cuillères en dents de scie, fabriquées exprès pour manger les pamplemousses.

Ainsi, cette étudiante de Harvard, sa chair toute douce enveloppée de polyester/viscose/élastine, était mon pamplemousse rose. Et plutôt que d’être dégustée elle acceptait la proposition de la cuillère.

En tout, j’ai fait six dessins. Chacun obstinément raté – ne reflétant pas ce que je voyais ; ce qu’au fond du cœur je voulais exprimer ? Encore une fois, la jeune femme ne m’a brièvement adressé la parole qu’à la fin, et je ne l’ai jamais surprise ses yeux fixés sur moi ou sur le prospectus Tufts – qui commençait à ressembler à ces affiches de gares de banlieue de plus en plus recouvertes de bites et de minettes – ou, dans ce cas-ci, d’orteils. À un moment donné, elle a changé de position, calant ses jambes sous sa robe. « Eh bien » me suis-je dit, puis je me suis levée pour aller chercher un deuxième latte. Cependant, à mon retour, elle avait corrigé sa pose ; ses pieds avaient repris la même position qu’avantses pieds dans la même position qu’avant. Je me demandais si elle l’avait fait pour moi – par pitié ? – ou s’il y avait eu un moment où elle (ou son inconscient) s’était rendu compte qu’elle n’était pas indifférente ? Y avait-il des nuits (dans mon petit fantasme à moi) – des nuits où c’était elle qui remontait la chemise de nuit avant l’arrivée du frère, ou juste après, après qu’il avait soulevé le drap et l’avait regardée – les yeux pleins d’attente et d’appétit ? (Mouler des phrases – est-ce là le plaisir physique auquel je me trouve réduite ?)

 

Brown pen outline figure over charcoal, drawing by William Eaton, 2017Un dimanche après-midi quand j’avais 14 ans, j’ai eu pitié de mon soupirant. Nous participions à un grand pique-nique familial dans un parc au bord d’une rivière. J’ai accepté d’explorer les buissons avec lui. À un moment donné nous avons décidé de traverser la rivière pour monter sur une colline qui promettait une belle vue sur une petite vallée située en contrebas. Sur la grève, nous nous sommes dénudés – lui en enlevant ses chaussures et ses chaussettes noires de prêtre ; moi en me débarrassant de mes Keds blanches – boueuses. Par-dessus elles, je portais une de ces longues robes de l’époque, de style paysan. En traversant le lit, je l’ai consciencieusement soulevée au-dessus de mes hanches, offrant à l’homme d’église une belle vue de mon postérieur (revêtu de dessous en coton bleu céleste). Quand nous sommes revenus sur nos pas, il m’a poliment invitée d’un signe de la tête à traverser la première. Robe soulevée. Quand nous avons finalement retrouvé les pique-niqueurs, le prêtre m’a dit « Merci » et je me souviens toujours de la douceur avec laquelle il a prononcé ce mot. Comme on laisse traîner les doigts sur un canapé en velours tout neuf dans un magasin de meubles.

Et pendant ce temps, à Harvard, je griffonnais les orteils voluptueux de l’étudiante à m’en user la culotte – au point de sentir combien j’étais nue sous ma tunique en jean.

Il y a une expression des Anglais à laquelle je suis attachée : avoir ses « knickers (ses dessous) in a twist » – s’énerver un peu trop ou inutilement. On pourrait dire qu’avec mes yeux et mon stylo et mes souvenirs et cette fille – j’ai envie de l’appeler fille – avec ses orteils exposés sous le drap fripé de sa robe, j’ai eu mes knickers in a twist, et que cette gêne m’a poussée à partir à toute vitesse. (Est-ce que tout cela n’était qu’une histoire sans queue ni tête, ou touchais-je à quelque chose de profondément enfoui qui depuis longtemps cherchait à sortir de son trou ?)

Cinglée, penses-tu. Je partage ton avis. Pourtant, je n’ai pas honte. Je veux seulement être qui je suis. Je veux dire à feu le petit prêtre que je savais qu’il allait me regarder et que – bien sûr – c’était pour cette raison, et non pas pour éviter de me mouiller – que j’ai soulevé ma longue robe. Je ne peux pas nous imaginer en train de faire l’amour, mais voilà bien ce que j’ai fait ce soir-là, à 13 ans dans le noir de ma chambre : j’ai essayé de nous visualiser en train de le faire.

Ce qui m’a le plus étonnée cet après-midi-là, dans le café-pâtisserie – loin du fait que j’étais transpercée, que je ne pouvais pas m’empêcher de regarder et de dessiner – était cette peur qui m’a envahie. Avais-je peur de tendre la main et d’enlacer le gros orteil de la fille-femme ? Je pense qu’en fait – quoique je n’en sois pas sûre – ma peur relevait de quelque chose qui se trouvait à l’intérieur de moi. Le DÉSIR. Un Désir insatiable.

 

Tous les matins, le concierge de l’hôtel déposait le New York Times devant la porte de notre chambre. Le matin qui suivait ma rencontre avec les orteils, la une du journal présentait une série de délits commis par les professeurs d’un internat B.C.B.G. Des liaisons avec les étudiantes, des baisers ni sollicités ni souhaités, des balades à moto qui se terminaient les fesses à l’air, etc. Il me semblait que regrouper des jeunes (garçons ou filles) et des adultes qui seront amenés à passer beaucoup de temps avec les jeunes devait forcément conduire à des liaisons – et à des abus sexuels. De même que des liaisons gênantes résulteront de la cohabitation de femmes et d’hommes partageant un espace de travail. Mais ce qui me distingue des certains c’est que si je me découvrais attirée par des jeunes étudiants ou étudiantes, ou par un collègue marié, ou, disons, par les orteils sans chaussettes d’une Harvardienne – et même si je m’étais convaincue qu’elle le faisait exprès – qu’elle exposait ses orteils à mon regard, soit pour rire à mes dépens, soit pour ressentir le pouvoir d’exciter une femme mûre, de la trouver obsédée par un corps jeune… et il y a toujours le plaisir moderne de s’exhiber et d’enregistrer cette exhibition (sur papier glacé ou sur un portable)… Ce qui me distingue donc des certains, c’est qu’une fois que j’aurai compris tout cela ou en aurai senti les prémices, tu pourras compter sur moi de partir à toute vitesse, mes knickers in a twist.

Je ne tourne pas autour de la jouissance. Je ne suis pas restée jusqu’au moment où mes relations avec la jeune femme auraient – horriblement ou merveilleusement – dérapé.

Cela m’attriste un peu et me semble regrettable, mais bien sûr, c’est aussi le signe que je suis adulte, sensible, digne de confiance. Sans parler de mon statut social élevé – cadre supérieure, bénéficiant d’un salaire et d’égards qui me permettent de vivre en 2017 du bon côté des verrous.

 

Erica on piano, June 2017, litho crayon and colors, by William EatonDESIR. Désir pour quelqu’un d’autre ? Désir pour quelqu’un qui s’exhiberait devant moi ? (Pas comme le faisait mon cher mari défunt, avec ses veilles chaussettes et ses longues séances au W.C., ses ronchonnements à propos des mandarins et des produits pour entretenir le gazon. Mais je l’aimais ! Je ne veux pas que vous pensiez que je ne l’aimais pas !)

Aurais-je aussi aimé un coup d’œil de cet autre, de cette voisine – un coup d’œil à moi-même, à mes croquis, à mes orteils, à ma touffe ? Six jours plus tard, je dirais que oui, voilà une chose que j’aurais tant voulue. Que j’ai tant voulue que j’ai commencé à avoir peur des mots, de la possibilité que la vérité sorte de ma bouche ? Dans un lieu plus intime, mes cuisses écartées, dévoilés à sa vue mes lèvres et mon clitoris, mes ouvertures. Pareillement, j’aurais aimé si on pourrait regarder sans dessins et sans réflexions. (Et sans devoir se rappeler, à nouveau, l’isolement des personnes âgées. Qu’une fois passé le cap des 50 ans –sinon 40 – une femme pourrait s’asseoir à poil dans un café-pâtisserie sans que personne – et surtout pas une jeune étudiante – ne la remarque.)

J’ai fourré le prospectus et le stylo dans mon sac à main et ai lancé un dernier regard vers l’étudiante. J’étais dans une telle position que l’antichambre de ses cheveux ne cachait plus son petit nez rosi. Ni son regarde se levant pour me saisir tout brièvement. « Bonne chance avec la dissertation », lui ai-je dit. Elle a doucement répondu « Merci. »

 

Et merci à vous, Carolyn

 

Notes de William Eaton à propos des images et du désire

Female student foot, Tatte Bakery and Café, Harvard Square, 10 April 2017, China marker and wax crayon, by William EatonCarolyn n’a pas inclus le moindre dessin à sa lettre, et elle a rechigné quand je lui en ai demandé au moins un. J’ai essayé de combler le vide avec mes propres œuvres. À l’imagination des lecteurs de construire donc leurs propres visions de Carolyn et de l’étudiante.

Deuxièmement, pendant que je traduisais la lettre de Carolyn, j’étais traversé de vagues souvenirs, pas uniquement d’une phrase de Baudelaire, mais aussi des observations pénétrantes sur le désir écrites par Adam Phillips, un psychanalyste pour enfants et essayiste anglais. En recopiant mes vieilles notes là-dessus, je me suis aussi rendu compte que ces idées de Phillips prolongeaient celles de Freud. Voici quatre exemples :

  • Nos désirs, suggère Freud, dépassent toujours la capacité de l’objet de les satisfaire. (De Phillips, « Five Short Talks on Excess »)
  • Puisque, selon la vision de Freud, ce qu’on désire nous est interdit, il nous faut travailler dur pour ne pas le connaître. Si on nous demande sur quoi nous travaillons, nous pouvons répondre que nous travaillons sur notre ignorance. (De « Children Behaving Badly ». Laissez-moi ajouter qu’il serait difficile de dépasser la profondeur de ce constat-ci ! Une vaste mer de tentatives académiques et artistiques se trouve submergée ici.)
  • Les gens que nous désirons, les gens qui nous attirent, sont secondaires, des réflexions d’après coup. Nous sommes plus simplement les porteurs du désir qui flotte librement, cherchant toujours ses cibles. Si nous avons une relation primaire avec n’importe quoi, il est fort possible qu’elle ne le soit pas avec l’autre, mais avec notre propre désir. Les autres sont ceux sur qui nos appétits se fixent. (Houdini’s Box: The Art of Escape.)
  • À travers le désir, un enfant découvre sa solitude, et à travers la solitude son désir. Pour le soulager il compte sur un objet fiable mais à la limite hors d’atteinte, incapable de le satisfaire. (De « On Risk and Solitude »). Ces deux dernières citations suggèrent que la solitude de Carolyn – comme la nôtre ! – est ancrée dans des phénomènes plus vastes que les médias sociaux ou le triste fait qu’une fois qu’ils ont dépassé un certain âge, la plupart des Américaines et des Américains deviennent isolés et invisibles.)

« C’est érotique quand les parties dépassent leurs proportions » — une traduction d’un morceau de “The Cell” (La cellule) par Lyn Hejinian. L’anglais : « It is erotic when parts / exceed their scale ».

 

Depuis novembre 2012, Montaigbakhtinian a reçu des lettres de cette Carolyn supposant que c’est la même personne qui a d’abord écrit en utilisant le pseudonyme « Whyde Eide » (Yeux Écarquillés). Plusieurs de ses lettres impliquent à la fois le dessin et l’érotisme – par exemple My Best Friend (juin 2013) et Down Time (décembre 2016). Les lecteurs intéressés par d’autres pièces de William Eaton qui touchent des tels sujets pourraient voir Morandi, Bonnard, and Silences Within ou Drawing, Conversation, Life.
 
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Dessiner orteils ; désir insatiable



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