English followed by une version en français y una versión en español.
The problem with being in a couple . . .
The other evening I saw a French comedy (C’est pas facile d’être heureux quand on va mal, written by Rudy Milstein). It offered five people who were, for various reasons, in regular contact with one another and who indefatigably said mean or otherwise untactful things to one another (while also having sexual and quasi-romantic relations). What was in their egoistical subconsciousnesses kept leaking out.
This was certainly for comic effect, though it may also have been the author’s view that this is what indeed happens in relationships. On one level, while there were plenty of opportunities to laugh, and there were plenty of gag lines, the overall effect was unpleasant; unpleasant people being unpleasant with one another.
My favorite line, spoken by the most narcissistic (of a narcissistic bunch), went something like this: : « Ce qui est dur dans la vie de couple, c’est que tu dois t’intéresser à quelqu’un que tu trouves moins intéressant que toi ». The problem with being in a couple is that you have to be interested in someone you find less interesting than yourself.
I felt duly skewered (and did not mind this at all), but quickly thought of Picasso. Would we now describe him as narcissistic? On some level he was more interesting than any of his lovers. While, on another level, all human beings might be thought of as more or less equally interesting. We may wonder about the character or biography of this or that famous or publicly accomplished person, and wonder equally about someone who has chosen or been consigned to quite another kind of life. The great difference may lie in our own imaginations or capacities for empathy.
As regards Picasso, it may also be noted that there must be a high level of self-centeredness in most everyone who is unusually productive or creative. And it seems inevitable that people who become attached to such prodigies may at times, or often, feel in their shadow and not necessarily happy. And without this necessarily implying that there is something wrong with the psyche or character of the prodigy.
A nice view of one odd corner of all this may be found in Henry James’s short story The Tree of Knowledge (or in my imperfect memory of it?). Somewhere therein a wife recognizes that her artist husband, though hardworking and, in a sense, productive, has little talent. But she devotes herself to allowing him to keep working under a more glorious illusion of who he might be.
So then our line might be: Being in a couple offers one the great opportunity to sustain another’s illusions about himself or herself.
On a simpler level this is what we all do with our friends (to say nothing of our clients!).
Français
Ce qui est dur dans la vie de couple…
L’autre soir, j’ai vu une comédie française (C’est pas facile d’être heureux quand on va mal, écrite par Rudy Milstein). Elle mettait en scène cinq personnes qui, pour diverses raisons, étaient en contact régulier les unes avec les autres et qui se disaient sans relâche des choses méchantes ou déplacées (tout en ayant également des relations sexuelles et quasi-romantiques). Leur subconscient égoïste ne cessait de se révéler.
Cela avait certainement pour but de créer un effet comique, mais il se peut aussi que l’auteur ait voulu montrer que c’est ainsi que les relations se déroulent dans la réalité. D’un certain point de vue, même s’il y avait de nombreuses occasions de rire et que les gags étaient nombreux, l’effet global était désagréable : des personnes désagréables se montrant désagréables les unes envers les autres.
Ma réplique préférée, prononcée par le plus narcissique (d’un groupe de narcissiques), était quelque chose comme : « Ce qui est dur dans la vie de couple, c’est que tu dois t’intéresser à quelqu’un que tu trouves moins intéressant que toi ». Le problème quand on est en couple, c’est qu’il faut s’intéresser à quelqu’un que l’on trouve moins intéressant que soi-même.
Je me suis senti dûment critiqué (et cela ne m’a pas dérangé du tout), mais j’ai rapidement pensé à Picasso. Le qualifierions-nous aujourd’hui de narcissique ? À un certain niveau il était plus intéressant que n’importe lequel de ses amants. Alors que, à un autre niveau, tous les êtres humains peuvent être considérés comme plus ou moins également intéressants. Nous pouvons nous interroger sur le caractère ou la biographie de telle ou telle personnalité célèbre ou publiquement accomplie, et nous interroger tout autant sur quelqu’un qui a choisi ou a été condamné à mener une vie tout à fait différente. Peut-être que la grande différence réside dans notre imagination ou dans notre capacité d’empathie.
En ce qui concerne Picasso, on peut également noter que la plupart des personnes exceptionnellement productives ou créatives doivent faire preuve d’un haut degré d’égocentrisme. Et il semble inévitable que les personnes qui s’attachent à de tels prodiges puissent, parfois ou souvent, se sentir éclipsées et pas nécessairement avec bonheur. Cela ne signifie pas pour autant que le prodige ait un problème psychologique ou de personnalité.
On trouve une belle illustration d’un aspect particulier de tout cela dans la nouvelle d’Henry James « The Tree of Knowledge » (L’Arbre de la connaissance), ou dans mon souvenir imparfait de celle-ci. À un moment donné, une femme reconnaît que son mari artiste, bien que très travailleur et, dans un certain sens, productif, a peu de talent. Mais elle se consacre à lui permettre de continuer à travailler sous une illusion plus glorieuse de ce qu’il pourrait être.
Notre ligne pourrait donc être la suivante : être en couple offre à chacun la formidable opportunité de soutenir les illusions de l’autre sur lui-même ou elle-même.
À un niveau plus simple, c’est ce que nous faisons tous avec nos amis (sans parler de nos clients !).
Español
Lo difícil de la vida en pareja es…
La otra noche vi una comedia francesa (C’est pas facile d’être heureux quand on va mal, escrita por Rudy Milstein). En ella aparecían cinco personas que, por diversas razones, mantenían un contacto habitual entre ellas y se decían cosas desagradables o poco diplomáticas sin descanso (además de mantener relaciones sexuales y cuasi románticas). Lo que había en su subconsciente egoísta no dejaba de salir a la luz.
Sin duda, esto se hacía con fines cómicos, aunque también podía ser la opinión del autor de que eso es lo que realmente ocurre en las relaciones. Por un lado, aunque había muchas oportunidades para reírse y había muchos chistes, el efecto general era desagradable: personas desagradables siendo desagradables entre sí.
Mi frase favorita, pronunciada por el más narcisista (de un grupo de narcisistas), era algo así como: «Ce qui est dur dans la vie de couple, c’est que tu dois t’intéresser à quelqu’un que tu trouves moins intéressant que toi» (Lo difícil de la vida en pareja es que tienes que interesarte por alguien que te parece menos interesante que tú).
Me sentí debidamente criticado (y no me importó en absoluto), pero rápidamente pensé en Picasso. ¿Lo describiríamos ahora como narcisista? En cierto modo él era más interesante que cualquiera de sus amantes. Aunque, en otro sentido, podría considerarse que todos los seres humanos son más o menos igualmente interesantes. Podemos preguntarnos por el carácter o la biografía de tal o cual persona famosa o con logros públicos, y preguntarnos igualmente por alguien que ha elegido o ha sido destinado a un tipo de vida completamente diferente. La gran diferencia puede residir en nuestra propia imaginación o capacidad de empatía.
En lo que respecta a Picasso, también cabe señalar que casi todas las personas que son excepcionalmente productivas o creativas deben tener un alto grado de egocentrismo. Y parece inevitable que las personas que se encariñan con tales prodigios puedan, en ocasiones o con frecuencia, sentirse eclipsadas y no necesariamente felizmente. Sin que esto implique necesariamente que haya algo malo en la psique o el carácter del prodigio.
Una bonita visión de un rincón peculiar de todo esto se puede encontrar en el cuento de Henry James «The Tree of Knowledge» (El árbol del conocimiento), o en mi imperfecto recuerdo del mismo. En algún momento de la historia, una esposa reconoce que su marido artista, aunque muy trabajador y, en cierto sentido, productivo, tiene poco talento. Pero ella se dedica a permitirle seguir trabajando bajo una ilusión más gloriosa de quién podría ser.
Así pues, nuestra frase podría ser: Estar en pareja ofrece una gran oportunidad para mantener las ilusiones del otro sobre sí mismo.
En un nivel más simple, esto es lo que todos hacemos con nuestros amigos (¡por no hablar de nuestros clientes!).
— Text(s) and photograph by William Eaton. (A noter : The photo originally used with this post had to be replaced because I’d forgotten . . . I had used it before!)