The young woman and the sea (plus français et español también)

English followed by une version en français y una versión en español.

The young woman and the sea

“Now is no time to think of what you do not have. Think of what you can do with what there is.” – Ernest Hemingway, The Old Man and the Sea

Cap Ferrat, 10 mars 2022 - photo par William EatonThey came to the sea.
They went to a restaurant right by the water.
They ordered fish.
She had read somewhere that there were no more fish in the sea.
“Catch of the day,” their fish was called.

She looked out at the water.
And all she saw was water.
Water in front, to the left, to the right.
They had come to the sea.
This wonderful, great, historic sea.

They were at a restaurant right by the water.
Bright sunlight flashed on the water.
The blues and whites of the restaurant.
The plates of fresh fish.
“Catch of the day.”

Plus wine of course.
And the young woman wondering if the fish she was eating could have come from this sea.
Were there particular kinds – species – of fish that lived in this sea?
That had lived in it?
Like the dinosaurs.

How could there be no fish in the sea?
How many gallons was it?
Billions, trillions?
She had heard that sometimes the government would put fish – or fish eggs ? – in lakes.
“Reintroduce” them; she believed that was the word.

Hadn’t they tried to reintroduce fish – fish that people could eat – into this sea?
There were hardly any birds either.
You didn’t see them, didn’t hear them.
Could there be a world in which there were only human beings?
Well, rats too; she supposed there’d always be rats, cockroaches.

“Isn’t this fish, yummy!” someone said.
And someone said there was nothing like fresh fish.
There was nothing like eating fresh fish, straight off the boat.
But there were no boats.
Or there were lots of boats – huge “superyachts” and other pleasure boats.

But no fishing boats.
No boats with nets and seaweedy pallets and men in big rubber boots.
And fishermen’s sweaters.
Which you could buy in the stores.
She was wearing one!

Someone at her school had said that the reason you didn’t hear any birds was because of agriculture.
The farmers didn’t want any insects eating their crops.
So they poisoned all the insects.
They didn’t have a way of distinguishing the crop eaters from the non crop eaters.
Or perhaps all insects were crop eaters?

Without insects the birds didn’t have enough to eat.
Someone was saying that she tried to eat salmon three times a week at least.
It was so good for the heart.
The young woman looked out at the water.
It was an almost lime green by the shore and then a darker, gray-blue farther out.

Somewhere out there was a whole nother continent.
It took four hours to fly – in a jet – from one end of the sea to another.
No fish.
And millions of birds starving to death, she supposed.
Someone offered to refill her wine glass.

“Catch of the day.”
Salmon, she thought, came from colder places.
Or farms now.
Maybe there were farms where they raised insects to feed to fish packed together in farms.
Insects, she had read, were very high in protein.

Soon everyone would be eating insects instead of steak.
Or salmon.
Her sister asked her father how much their hotel room cost.
He wouldn’t say.
It was a once-in-a-lifetime treat.

With a balcony they could sit out on
And look out on this huge, incredible sea.
This sea she had read about.
And. . . Brigitte Bardot.
This sea in which there were no fish.

Notes regarding La mer Méditerranée

Its surface area is 2,510,000 km² (5 times the area of France).
It maximum depth is 5,124 meters.
Its average depth is 1,370 meters.
Its coastline is 46,000 kilometers (26,000 miles) long.
It contains 3.5 millions cubic meters of water = 770 millions gallons of water.
And, paraphasing the conclusions reported by Elena Motivans in ” » (ZME Science, April 6, 2017):

In total, all of the fish and large animals in the Mediterranean Sea have been declining. The amount of fish has decreased by 34 percent. Top predators and marine mammals have declined by 41 percent. Different regions of the sea have been affected to different degrees. The declines have been greatest in the Western Mediterranean and the Adriatic Sea, where half of the fish have been lost.

N.B. This was as of 2017. Presumably, since 2017 there have been further declines.

As for the decline in (death of) birds, one might see this 5 May 2022 Guardian article: “‘Canaries in the coalmine’: loss of birds signals changing planet – Billions of birds are disappearing because of humanity’s impact on Earth, global review finds.” It proposes, inter alia: “The population of birds in the US and Canada has fallen by 3 billion since 1970, while 600 million have disappeared from Europe since 1980.”

Français

La jeune femme et la mer

« Ce n’est pas le moment de penser à ce que tu n’as pas. Pensez à ce que vous pouvez faire avec ce que vous avez. » – Ernest Hemingway, Le vieil homme et la mer

Ils sont venus à la mer.
Ils sont allés dans un resto au bord de l’eau.
Ils ont commandé du poisson.
Elle avait lu quelque part qu’il n’y avait plus de poisson dans la mer.
« Prise du jour », leur poisson était appelé.

Elle a regardé l’eau.
Et elle n’a vu que de l’eau.
De l’eau devant, à gauche, à droite.
Ils étaient arrivés à la mer.
Cette mer merveilleuse, grande, historique.

Ils étaient dans un resto au bord de l’eau.
Une lumière éclatante du soleil sur l’eau.
Le bleu et le blanc du resto.
Les assiettes de poisson frais.
« La prise du jour ».

Et du vin, bien sûr.
Et la jeune femme se demandait si le poisson qu’elle mangeait pouvait provenir de cette mer.
Y avait-il des sortes – des espèces – particulières de poissons qui vivaient dans cette mer ?
Qui avaient vécu dans cette mer ?
Comme les dinosaures.

Comment peut-il n’y avoir aucun poisson dans la mer ?
Combien de litres y avait-elle ?
Des milliards, des trillions ?
Elle avait entendu dire que parfois le gouvernement mettait des poissons – ou des œufs de poissons ? – dans les lacs.
Les réintroduire ; elle croyait que c’était le mot. Ou repeupler peut-être.

N’avaient-ils pas essayé de reintroduire des poissons – des poissons que les gens pouvaient manger – dans cette mer ?
Il n’y avait presque pas d’oiseaux non plus.
On ne les voyait pas, on ne les entendait pas.
Pourrait-il y avoir un monde dans lequel il n’y aurait que des êtres humains ?
Eh bien, les rats aussi ; elle supposait qu’il y aurait toujours des rats, des cafards.

« Comme c’est bon, ce poisson ! » disait quelqu’un.
Et quelqu’un a dit qu’il n’y avait rien de tel que du poisson frais.
Il n’y avait rien de tel que de manger du poisson frais, tout droit sorti du bateau.
Mais il n’y avait pas de bateaux.
Ou alors il y avait beaucoup de bateaux – d’énormes « super-yachts » et autres bateaux de plaisance.

Mais pas de bateaux de pêche.
Pas de bateaux avec des filets et des palettes courvertes d’algues et des hommes en grosses bottes en caoutchouc.
Et des pulls de pêcheurs.
Que l’on pouvait acheter dans les magasins.
Elle en portait un !

Quelqu’un à l’université avait dit que la raison pour laquelle on n’entendait pas d’oiseaux était l’agriculture.
Les fermiers ne voulaient pas que des insectes mangent leurs récoltes.
Alors ils ont empoisonné tous les insectes.
Ils n’avaient aucun moyen de distinguer ceux qui mangeaient les récoltes de ceux qui ne les mangeaient pas.
Ou peut-être que tous les insectes étaient des mangeurs de récoltes ?

Sans les insectes, les oiseaux n’avaient pas assez à manger.
Quelqu’un disait qu’elle essayait de manger du saumon au moins trois fois par semaine.
C’était si bon pour le coeur.
La jeune femme a regardé l’eau.
Près du rivage elle était d’un vert presque citron et, plus loin, d’un bleu gris plus sombre.

Quelque part au loin, il y avait un autre continent.
Il fallait quatre heures pour voler – en jet – d’un bout à l’autre de la mer.
Pas de poissons.
Et des millions d’oiseaux mourant de faim, elle suppose.
Quelqu’un a proposé de remplir son verre de vin.

« Prise du jour ».
Le saumon, pensait-elle, venait d’endroits plus froids.
Ou de fermes maintenant.
Peut-être qu’il y avait des fermes où ils élevaient des insectes pour nourrir les poissons entassés dans des fermes.
Les insectes, avait-elle lu, étaient très riches en protéines.

Bientôt, tout le monde mangerait des insectes à la place du steak.
Ou du saumon.
Sa sœur a demandé à son père combien coûtait leur suite d’hôtel ?
Il ne voulait pas le dire.
C’était un plaisir qui ne se présente qu’une fois dans une vie.

Avec un balcon sur lequel ils pouvaient s’asseoir
Et regarder cette mer si grande, si incroyable.
Cette mer dont elle avait lu.
Et… Brigitte Bardot.
Cette mer dans laquelle il n’y avait pas de poissons.

Español

La joven y el mar

« Ahora no es momento de pensar en lo que no tienes. Piensa en lo que puedes hacer con lo que hay ». – Ernest Hemingway, El viejo y el mar

Llegaron al mar.
Fueron a un restaurante junto al agua.
Pidieron pescado.
Ella había leído en alguna parte que ya no había peces en el mar.
« Pescado fresco » se llamaba su platillo.

Ella miró el agua.
Y todo lo que vio fue agua.
Agua delante, a la izquierda, a la derecha.
Habían llegado al mar.
Este maravilloso, grandioso e histórico mar.

Estaban en un restaurante junto al agua.
La luz del sol brillaba en el agua.
Los azules y los blancos del restaurante.
Los platos de pescado fresco.
« La pesca del día ».

Y el vino, por supuesto.
Y la joven preguntándose si el pescado que estaba comiendo podía venir de este mar.
¿Había clases particulares -especies- de peces que vivían en este mar?
¿Que habían vivido en él?
Como los dinosaurios.

¿Cómo es posible que no haya peces en el mar?
¿Cuántos litros había?
¿Billones, trillones?
Había oído que a veces el gobierno ponía peces -o huevos de peces- en los lagos.
Reintegrar; ella creía que esa era la palabra.

¿No habían intentado reintegrar peces -​pecados que la gente pudiera comer- en este mar?
Tampoco había apenas pájaros.
No se veían, no se oían.
¿Podría existir un mundo en el que sólo hubiera seres humanos?
Bueno, también ratas; supuso que siempre habría ratas, cucarachas.

¡Qué rico es este pescado! », dijo alguien.
Y alguien dijo que no había nada como el pescado fresco.
No hay nada como comer pescado fresco, directamente del barco.
Pero no había barcos.
O había muchos barcos: enormes « superyates » y otros barcos de recreo.

Pero no había barcos de pesca.
No había barcos con redes y tarimas con algas y hombres con grandes botas de goma.
Y jerséis de pescador.
Que se podían comprar en las tiendas.
¡Ella llevaba uno!

Alguien en la universidad había dicho que la razón por la que no se oían los pájaros era la agricultura.
Los agricultores no querían que ningún insecto se comiera sus cultivos.
Así que envenenaron a todos los insectos.
No tenían forma de distinguir a los que se comían las cosechas de los que no lo hacían.
¿O tal vez todos los insectos eran comedores de cultivos?

Sin insectos los pájaros no tenían suficiente para comer.
Alguien decía que intentaba comer salmón tres veces a la semana como mínimo.
Era tan bueno para el corazón.
La joven miró el agua.
A la orilla era de un verde casi lima y luego de un azul más oscuro y grisáceo.

En algún lugar había otro continente.
Tardó cuatro horas en volar -en un jet- de un extremo a otro del mar.
No hay peces.
Y millones de pájaros muriendo de hambre, supuso.
Alguien se ofreció a rellenar su copa de vino.

« La pesca del día ».
El salmón, pensó, venía de lugares más fríos.
O de granjas.
Tal vez había granjas donde se criaban insectos para alimentar a los peces hacinados en granjas.
Los insectos, había leído, eran muy ricos en proteínas.

Pronto todo el mundo comería insectos en lugar de filetes.
O salmón.
Su hermana preguntó a su padre ¿cuánto costaba su suite del hotel?
No quiso decirlo.
Era un placer de una vez en la vida.

Con un balcón en el que podían sentarse
y mirar este enorme, este increíble mar.
Este mar del que habían leído.
Y… Brigitte Bardot.
Este mar en el que no había peces.


— Poem(s) and “cover” (homepage) photgraph by William Eaton.

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