English followed by une version en français y una versión en español. Maupassant has also provided a brief Addendum en français (followed by my translation into English).
A favorite Emily Dickinson story
Has her doctor coming to come consult and,
Not allowed to enter her room, examination impossible,
He speaks through her door, his words echoing
Along the empty corridor. A familiar kind of
Madness, we might say, such a need for
Distance from other human beings, from touching,
Gazes, stares, desire. In New England, common
Enough, I’d say, though I’ve moved away. Yet
Imagine Emily my age, and having tried and tried and
Met with blank stares, and met with nervous,
Distancing remarks, day after day, year after year; a
Lesson slowly learned about how unwelcome
Unwelcome words can be. The disinterest chilling, I will say,
In order to go on, doors are closed, and you
Hoard such warmth
As remains.
Addendum
En français and then an English translation
Je viens de lire avec beaucoup de plaisir et d’admiration Mont Oriol, un roman de Maupassant. Dans le dernier chapitre, l’auteur ouvre son cœur en ces mots à l’égard de l’héroïne, une jeune femme mariée, qui vient de donner naissance à son premier enfant, engendré par un amant qui vient de se fiancer à une autre femme :
[E]lle se jugea totalement abandonnée dans l’existence. Elle comprit que tous les hommes marchent côte à côte, à travers les événements, sans que jamais rien unisse vraiment deux êtres ensemble. Elle sentit, par la trahison de celui en qui elle avait mis toute sa confiance, que les autres, tous les autres ne seraient jamais plus pour elle que des voisins indifférents dans ce voyage court ou long, triste ou gai, suivant les lendemains, impossibles à deviner. Elle comprit que, même entre les bras de cet homme, quand elle s’était crue mêlée à lui, entrée en lui, quand elle avait cru que leurs chairs et leurs âmes ne faisaient plus qu’une chair et qu’une âme, ils s’étaient seulement un peu rapprochés jusqu’à faire toucher les impénétrables enveloppes où la mystérieuse nature a isolé et enfermé les humains. Elle vit bien que nul jamais n’a pu ou ne pourra briser cette invisible barrière qui met les êtres dans la vie aussi loin l’un de l’autre que les étoiles du ciel.
Elle devina l’effort impuissant, incessant depuis les premiers jours du monde, l’effort infatigable des hommes pour déchirer la gaine où se débat leur âme à tout jamais emprisonnée, à tout jamais solitaire, effort des bras, des lèvres, des yeux, des bouches, de la chair frémissante et nue, effort de l’amour qui s’épuise en baisers, pour arriver seulement à donner la vie à quelque autre abandonné !
I’ve just read, with great pleasure and admiration, Maupassant’s novel Mont Oriol. In the final chapter, the author opens his heart in these words (here in my translation) regarding the heroine, a young married woman who has just given birth to her first child, fathered by a lover who has just become engaged to another woman:
[S]he felt totally abandoned. She understood that all human beings walk side by side, through events, without anything ever really uniting them. What with her betrayal by the man in whom she had placed all her trust, she felt that others, all the others, would never be more than indifferent neighbors to her on this journey, short or long, sad or happy, one day following another, unpredictable. She understood that, even in the arms of this man—when she had believed herself merged, entered into him, when she had believed that their flesh and their souls had become one flesh and one soul—they had only come a little closer to touching the impenetrable containers in which mysterious nature has isolated and enclosed human beings. She was well aware that no one has ever been able, or ever will be able, to break down the invisible barrier that keeps one person as far from another as are the stars in the sky.
She sensed the impotent effort, unceasing since the first days of the world, the tireless effort of people to tear the sheath in which their forever imprisoned, forever solitary souls struggle, the effort of arms, lips, eyes, mouths, of quivering, naked flesh, the effort of love that exhausts itself in kisses, only to succeed in giving life to some abandoned other!
Français
Une de mes histoires favorites d’Emily Dickinson
Raconte comment son médecin venait à son appel quoiqu’il n’eût
Pas le droit d’entrer dans sa chambre ; tout examen n’étant
Pas possible, il parle à travers sa porte, ses mots résonnant
Le long du couloir vide. Une forme, pas inconnue, de
Folie, on peut dire : un tel besoin de
Distance avec les autres humains, avec le toucher,
Les yeux, le désir. En Nouvelle-Angleterre, assez
Commun, je dirais, bien que moi, j’aie
Déménagé. Pourtant, j’imagine Emily proche de
Mon âge, et ayant essayé et essayé et s’est heurtée à
Des regards vides, à des remarques nerveuses et
Distantes, jour après jour, année après année ; une
Leçon lentement apprise sur combien les
Mots importuns peuvent être importuns. Le désintérêt, je dirai, fait
Froid dans le dos. Pour pouvoir continuer, des
Portes se ferment et tu gardes ce qui
Reste de chaleur.
Español
Una de mis historias favoritas de Emily Dickinson
Cuenta cómo su médico venía a verla a pesar de que
no se le permitía entrar en su habitación, cualquier examen
no es posible, habla a través de su puerta, sus palabras resonando por
el pasillo vacío. Un tipo familiar de
locura, podría decirse: tal necesidad de
distancia de otros humanos, del tacto, de miradas, de
deseo. En Nueva Inglaterra, diría yo, bastante
común, aunque me he alejado. Sin embargo,
Imagino a Emily de mi edad, y habiendo intentado
e intentado y encontrado con miradas vacías, nerviosas y
distantes, día tras día, año tras año; una
lección lentamente aprendida de cuánto las
palabras inoportunas pueden ser inoportunas. El desinterés, diré, es
escalofriante, de modo que para continuar las
puertas se cierran y conservas lo
que de calor queda.
— Poem(s) and painting by William Eaton.
