A favorite Emily Dickinson story (English, français y español)

English followed by une version en français y una versión en español. Maupassant has also provided a brief Addendum en français (followed by my translation into English).

A favorite Emily Dickinson story

Orange with a bit of blue (face) 2 - William Eaton, 2023

Has her doctor coming to come consult and,

Not allowed to enter her room, examination impossible,

He speaks through her door, his words echoing

Along the empty corridor. A familiar kind of

Madness, we might say, such a need for

Distance from other human beings, from touching,

Gazes, stares, desire. In New England, common

Enough, I’d say, though I’ve moved away. Yet

Imagine Emily my age, and having tried and tried and

Met with blank stares, and met with nervous,

Distancing remarks, day after day, year after year; a

Lesson slowly learned about how unwelcome

Unwelcome words can be. The disinterest chilling, I will say,

In order to go on, doors are closed, and you

Hoard such warmth

As remains.

Addendum

En français and then an English translation

Je viens de lire avec beaucoup de plaisir et d’admiration Mont Oriol, un roman de Maupassant. Dans le dernier chapitre, l’auteur ouvre son cœur en ces mots à l’égard de l’héroïne, une jeune femme mariée, qui vient de donner naissance à son premier enfant, engendré par un amant qui vient de se fiancer à une autre femme :

[E]lle se jugea totalement abandonnée dans l’existence. Elle comprit que tous les hommes marchent côte à côte, à travers les événements, sans que jamais rien unisse vraiment deux êtres ensemble. Elle sentit, par la trahison de celui en qui elle avait mis toute sa confiance, que les autres, tous les autres ne seraient jamais plus pour elle que des voisins indifférents dans ce voyage court ou long, triste ou gai, suivant les lendemains, impossibles à deviner. Elle comprit que, même entre les bras de cet homme, quand elle s’était crue mêlée à lui, entrée en lui, quand elle avait cru que leurs chairs et leurs âmes ne faisaient plus qu’une chair et qu’une âme, ils s’étaient seulement un peu rapprochés jusqu’à faire toucher les impénétrables enveloppes où la mystérieuse nature a isolé et enfermé les humains. Elle vit bien que nul jamais n’a pu ou ne pourra briser cette invisible barrière qui met les êtres dans la vie aussi loin l’un de l’autre que les étoiles du ciel.

Elle devina l’effort impuissant, incessant depuis les premiers jours du monde, l’effort infatigable des hommes pour déchirer la gaine où se débat leur âme à tout jamais emprisonnée, à tout jamais solitaire, effort des bras, des lèvres, des yeux, des bouches, de la chair frémissante et nue, effort de l’amour qui s’épuise en baisers, pour arriver seulement à donner la vie à quelque autre abandonné !

I’ve just read, with great pleasure and admiration, Maupassant’s novel Mont Oriol. In the final chapter, the author opens his heart in these words (here in my translation) regarding the heroine, a young married woman who has just given birth to her first child, fathered by a lover who has just become engaged to another woman:

[S]he felt totally abandoned. She understood that all human beings walk side by side, through events, without anything ever really uniting them. What with her betrayal by the man in whom she had placed all her trust, she felt that others, all the others, would never be more than indifferent neighbors to her on this journey, short or long, sad or happy, one day following another, unpredictable. She understood that, even in the arms of this man—when she had believed herself merged, entered into him, when she had believed that their flesh and their souls had become one flesh and one soul—they had only come a little closer to touching the impenetrable containers in which mysterious nature has isolated and enclosed human beings. She was well aware that no one has ever been able, or ever will be able, to break down the invisible barrier that keeps one person as far from another as are the stars in the sky.

She sensed the impotent effort, unceasing since the first days of the world, the tireless effort of people to tear the sheath in which their forever imprisoned, forever solitary souls struggle, the effort of arms, lips, eyes, mouths, of quivering, naked flesh, the effort of love that exhausts itself in kisses, only to succeed in giving life to some abandoned other!

Français

Une de mes histoires favorites d’Emily Dickinson

Raconte comment son médecin venait à son appel quoiqu’il n’eût

Pas le droit d’entrer dans sa chambre ; tout examen n’étant

Pas possible, il parle à travers sa porte, ses mots résonnant

Le long du couloir vide. Une forme, pas inconnue, de

Folie, on peut dire : un tel besoin de

Distance avec les autres humains, avec le toucher,

Les yeux, le désir. En Nouvelle-Angleterre, assez

Commun, je dirais, bien que moi, j’aie

Déménagé. Pourtant, j’imagine Emily proche de

Mon âge, et ayant essayé et essayé et s’est heurtée à

Des regards vides, à des remarques nerveuses et

Distantes, jour après jour, année après année ; une

Leçon lentement apprise sur combien les

Mots importuns peuvent être importuns. Le désintérêt, je dirai, fait

Froid dans le dos. Pour pouvoir continuer, des

Portes se ferment et tu gardes ce qui

Reste de chaleur.

Español

Una de mis historias favoritas de Emily Dickinson

Cuenta cómo su médico venía a verla a pesar de que

no se le permitía entrar en su habitación, cualquier examen

no es posible, habla a través de su puerta, sus palabras resonando por

el pasillo vacío. Un tipo familiar de

locura, podría decirse: tal necesidad de

distancia de otros humanos, del tacto, de miradas, de

deseo. En Nueva Inglaterra, diría yo, bastante

común, aunque me he alejado. Sin embargo,

Imagino a Emily de mi edad, y habiendo intentado

e intentado y encontrado con miradas vacías, nerviosas y

distantes, día tras día, año tras año; una

lección lentamente aprendida de cuánto las

palabras inoportunas pueden ser inoportunas. El desinterés, diré, es

escalofriante, de modo que para continuar las

puertas se cierran y conservas lo

que de calor queda.


— Poem(s) and painting by William Eaton.

Leave a comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.