Before leaving… Antes de dejar… Avant de quitter Paris

Le français followed by a version in English y una versión en español.

Avant de quitter Paris

Re-painting Franz Kline (Black and White, #1), by William Eaton, 2020Elle est assise dans un restaurant de gare, sa chaise à moitié tournée vers une grande vitre, une vue des boulevards gris. Elle as une cinquantaine d’années ; les cheveux éclaircis. Pour voyager le dimanche, ses vêtements ne devaient pas être élégants, mais de bon goût.

Elle décroche son téléphone et relit une série de messages – échangés avec la personne à qui elle venait de rendre visite ? Maintenant elle pourrait lui envoyer un nouveau SMS, mais ne le fait pas. Ne voulant pas qu’un mot de plus gâche la perfection du week-end ?

Elle n’est qu’un peu fatiguée. Des pensées, des souvenirs et des espoirs remplissent doucement son esprit. À nouveau, elle regarde les messages.

Son hôte est-il marié à quelqu’un d’autre ? S’attende-il à ce qu’elle soit discrète ?

Son silence de femme et son sourire intime sont empreints d’une assurance. Elle veut se montrer digne de lui ?

English original

Before leaving Paris

She’s sitting in a train-station restaurant, her chair half turned towards a large window, a view of the gray boulevards. She’s in her fifties, her hair lightened. For traveling on Sunday, her clothes need not be elegant, but tasteful.

She picks up her phone and rereads a series of messages – exchanged with the person she’s been visiting? She could now text him again, but does not. Not wanting an additional word to spoil the perfection of the weekend?

She’s only a bit tired. Thoughts, memories and hopes are gently filling her mind. Again she looks at the messages.

Is her host married to someone else? Is he counting on her discretion?

Her silence and private smile have a certain confidence. She wants to prove worthy of him?

Español

Antes de dejar París

Ella está sentada en un restaurante de una estación de tren, su silla medio girada hacia un ventanal que da a los bulevares grises. Tiene unos cincuenta años, el cabello aclarado. Para viajar en domingo, su ropa no tenía que ser elegante, pero sí de buen gusto.

Coge su teléfono y relee una serie de mensajes: ¿intercambiados con la persona a la que acababa de visitar? Ahora podría enviarle otro mensaje, pero no lo hace. ¿No quiere que una palabra más estropee la perfección del fin de semana?

Sólo está algo cansada. Pensamientos, recuerdos y esperanzas llenan dulcemente su cerebro. Vuelve a mirar los mensajes.

¿Su anfitrión está casado con otra? ¿Cuenta con la discreción de ella?

Su silencio feminino, su sonrisa íntima desprenden una confianza. ¿Quiere demostrar que es digna de él?


— Poem(s) and drawing by William Eaton. The drawing is from a series done in 2020 which explored figurative possibilities in ostensibly non-figurative paintings by the American painter Franz Kline (1910–1962).

Je dois cette très courte histoire non seulement à une femme assise à côté de moi dans un restaurant à la Gare Montparnasse, mais aussi à un excellent petit livre : Cuentos selectos, un recueil de nouvelles écrites en espagnol, avec le vocabulaire clé et quelques notions de grammaire en français. Le livre, publié par Livre de Poche en 1989, a été réalisé par Joesette Allavena et Josette Hervé et fait partie d’une collection « Lire en espagnol » dirigée par Henri Yvinec. Les premières histoires de la collection sont extrêmement courtes, et c’est ce qui m’a inspiré.

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