English followed by une version en français y una versión en español. There are also two brief Notes or references in English.
A parable (& faith, authority, AI, God)
A young man went to a yeshiva. As he knew no Hebrew, one of the teachers gave him for study the Hebrew characters for the first four letters of the alphabet: alef, bet, gimel, dat. But when the young man came back the next day he met with a second teacher who said the first four letters were bet, gimel, dat, hei.
“I don’t understand,” the young man said.
“What you don’t understand,” this second teacher said, “is that it is not knowledge that is important, but faith.”
(If faith has three elements—notitia, assensus and fiducia (knowledge, consent and trust)—it is fiducia that is emphasized here. Education begins when we recognize that our salvation, or our enlightenment, depends on a higher power and we come to trust in that power.)
Iheard of the parable at a public discussion in Paris of whether human beings are now turning to AI as we have long turned to God. Père Olric de Gélis, the cleric who offered the parable, also led me to track down Pascal’s fragment “Contrariétés 14,” which includes:
la vérité n’est pas de notre portée ni de notre gibier, qu’elle ne demeure pas en terre, qu’elle est domestique du ciel, qu’elle loge dans le sein de Dieu et que l’on ne la peut connaître qu’à mesure qu’il lui plaît de la révéler.
truth is not within our reach nor our prey, it does not dwell on earth, it is a servant of heaven [or serves a higher purpose], it lodges in the bosom of God, and we can only know it as it pleases to reveal itself.
This is to suggest a pro-religious interpretation of the parable. But what I so like about the story is that, paradoxically, it can also be interpreted in an anti-religious, or anti-authoritarian, way. The faith the second teacher demands is faith in the teacher, however exalted or misguided he may happen to be. We can call this blind faith, and it is a faith with which many, perhaps the majority of, students go through school, and this even as they encounter teachers with differing views of the alphabet, of the rudiments of knowledge, and of religion. The lesson that is repeatedly driven home is the importance of respecting authority.
Few students long ago could say why the Earth was the center of the universe, nor can most contemporary students say why it must revolve around the Sun, but most all knew or know whichever “truth” their teachers happened to be teaching.
AI works differently, placing its faith not in authority but consensus. 2+2=4 because a survey of hundreds of terabytes of data finds that this is far and away the answer given. Should millions upon millions of computer files begin proposing 5 as the sum of 2+2, I assume that AI would change its mind. But, as one of my nephews has pointed out to me, since the results of AI’s searches themselves become part of the data AI searches . . . Change, for better or worse, may prove hard to come by.
Again, I believe Father Olric de Gélis’s point was that if we are seeking not just bits of information but true wisdom, we must first turn to God, to belief in a higher power. We must recognize the fundamental and everlasting limitations on human understanding. (And perhaps the most important and liberating thing we might learn would be humility.)
But from this worthy religious perspective, what gives AI its power—besides its potential to generate large returns on financial investments—is not the questionable bits of information it so speedily generates, but the faith that users put in this information and in technology more generally.
And as regards religion, we can note that, while it has brought comfort and guidance to many people, and continues to do so, faith has also been used to deceive people, and religions have been used to justify and encourage wrong and cruel behavior. That Christ and Christianity have been used, and repeatedly, to justify killing and oppression never ceases to stupefy me.
Similarly, the faith that has been instilled in us in technology, or in the new more generally, has brought us many misfortunes, including, to pick just two examples, the psychological and social problems provoked and facilitated by social media and the widespread and increasing environmental devastation.
Concluding at a rather rudimentary level, we might say we no longer need to learn the alphabet or how to calculate the change on a restaurant bill. We have machines to do all that work for us. And thus our faith has taken us yet further from knowledge (and humility).
Notes or references
A copy of my essay “I am afraid we are not rid of God because we still have faith in grammar,” first published in Tiferet twenty years ago, may be found here.
Le texte original français de ces Contrarietes 14 de Pascal peut être consulté ici. Je remercie Père Olric de Gélis d’avoir attiré mon attention sur ce texte et pour la parabole, et je le remercie, ainsi que Christophe Tricot, pour leur discussion sur l’IA au Collège des Bernardins à Paris.
Français
Une parabole (et la foi, l’autorité, l’IA, Dieu)
Un jeune homme est allé à une yeshiva. Comme il ne connaissait pas l’hébreu, l’un des professeurs lui a donné à étudier les caractères hébraïques correspondant aux quatre premières lettres de l’alphabet : alef, bet, gimel, dat. Mais lorsque le jeune homme est revenu le lendemain, il a rencontré un deuxième professeur qui lui a dit que les quatre premières lettres étaient bet, gimel, dat, hei.
« Je ne comprends pas », dit le jeune homme.
« Ce que vous ne comprenez pas, répondit le deuxième enseignant, c’est que ce n’est pas la connaissance qui importe, mais la confiance. »
(C’est-à-dire, l’espérance ferme que l’on place en quelqu’un, la foi en Dieu. Si la foi a trois éléments – notitia, assensus et fiducia (connaissance, consentement et confiance) – c’est fiducia qui est soulignée ici. L’éducation commence lorsque nous reconnaissons que notre salut, ou notre illumination, dépend d’une puissance supérieure et nous en venons à faire confiance à cette puissance.)
J’ai entendu parler de cette parabole lors d’un débat public à Paris consacré à la question suivante : S’adresse-t-on à une IA comme on s’adresse à Dieu ? Le père Olric de Gélis, le religieux qui a proposé la parabole, m’a également conduit à rechercher le fragment de Pascal intitulé « Contrariétés 14 », qui inclut :
la vérité n’est pas à notre portée ni notre proie, elle ne demeure pas sur terre, elle est domestique du ciel, elle loge dans le sein de Dieu et on ne peut la connaître que dans la mesure où il lui plaît de la révéler.
Cela suggère une interprétation pro-religieuse de la parabole. Mais ce que j’aime tant dans cette histoire, c’est que, paradoxalement, elle peut aussi être interprétée de manière antireligieuse ou antiautoritaire. La foi que le deuxième enseignant exige est la foi en l’enseignant, aussi exalté ou égaré soit-il. On peut appeler cela une foi aveugle, et c’est une foi avec laquelle beaucoup d’élèves, peut-être même la majorité, traversent leur scolarité, même lorsqu’ils rencontrent des enseignants ayant des opinions différentes sur l’alphabet, ou sure les rudiments du savoir et de la religion. La leçon qui leur est répétée sans cesse est l’importance de respecter l’autorité.
Il y a longtemps, peu d’élèves pouvaient expliquer pourquoi la Terre était le centre de l’univers, et aujourd’hui, la plupart des élèves ne peuvent pas expliquer pourquoi elle doit tourner autour du Soleil, mais presque tous connaissaient ou connaissent la « vérité » que leurs enseignants leur ont enseignée.
L’IA (un autre de nos autres sujets ici) fonctionne différemment, en plaçant sa confiance non pas dans l’autorité, mais dans le consensus. 2 + 2 = 4 parce qu’une analyse de centaines de téraoctets de données montre que c’est de loin la réponse la plus fréquente. Si des millions et des millions de fichiers informatiques commençaient à proposer 5 comme somme de 2 + 2, je suppose que l’IA changerait d’avis. Mais, comme l’un de mes neveux me l’a fait remarquer, étant donné que les résultats des recherches de l’IA font eux-mêmes partie des données recherchées par l’IA… Le changement, pour le meilleur ou pour le pire, pourrait s’avérer difficile à obtenir.
Une fois encore, je pense que le père Olric de Gélis voulait dire que si nous recherchons non seulement des bribes d’information, mais aussi la vraie sagesse, nous devons d’abord nous tourner vers Dieu, vers la croyance en une puissance supérieure. Nous devons reconnaître les limites fondamentales et éternelles de la compréhension humaine. (Et peut-être que la chose la plus importante et la plus libératrice que nous pourrions apprendre serait l’humilité.)
Mais dans cette perspective religieuse louable, ce qui donne son pouvoir à l’IA, outre son potentiel à générer d’importants retours sur investissement financier, ce ne sont pas les informations douteuses qu’elle génère si rapidement, mais la foi que les utilisateurs accordent à ces informations et à la technologie en général.
En ce qui concerne la religion, nous pouvons noter que si elle a apporté réconfort et orientation à de nombreuses personnes, et continue de le faire, la foi a été également utilisée pour tromper les gens, et les religions ont a été utilisées pour justifier et pour encourager des comportements tout à fait erronés et cruels. Le fait que le Christ et le christianisme aient été utilisés, à maintes reprises, pour justifier des meurtres et des oppressions ne cesse de me stupéfier.
De même, la foi que l’on nous a inculquée dans la technologie, ou plus généralement dans la nouveauté, nous a apporté de nombreux malheurs – pour ne citer que deux exemples – les problèmes psychologiques et sociaux provoqués et facilités par les réseaux sociaux, ainsi que la dévastation environnementale généralisée et croissante.
En conclusion, et à un niveau plutôt rudimentaire, on pourrait dire que nous n’avons plus besoin d’apprendre l’alphabet ou comment calculer la monnaie sur une addition de restaurant. Nous avons des machines qui font tout ce travail à notre place. Et ainsi, notre foi nous a éloignés encore davantage de la sagesse (et de l’humilité).
Español
Una parábola (y fe, autoridad, IA, Dios)
Un joven fue a una yeshiva. Como no sabía hebreo, uno de los profesores le dio para estudiar los caracteres hebreos de las cuatro primeras letras del alfabeto: alef, bet, gimel, dat. Pero cuando el joven volvió al día siguiente, se encontró con un segundo profesor que le dijo que las cuatro primeras letras eran bet, gimel, dat, hei.
«No lo entiendo», dijo el joven.
«Lo que no entiendes», dijo el segundo profesor, «es que lo importante no es el conocimiento, sino la fe».
(Si la fe tiene tres elementos –notitia, assensus y fiducia (conocimiento, consentimiento y confianza)–, aquí se hace hincapié en fiducia. La educación comienza cuando reconocemos que nuestra salvación, o nuestra iluminación, depende de un poder superior y llegamos a confiar en ese poder).
Escuché esta parábola en un debate público en París sobre si los seres humanos están recurriendo ahora a la inteligencia artificial como durante mucho tiempo hemos recurrido a Dios. El padre Olric de Gélis, que contó la parábola, también me llevó a buscar el fragmento de Pascal «Contrariétés 14», que incluye:
la vérité n’est pas de notre portée ni de notre gibier, qu’elle ne demeure pas en terre, qu’elle est domestique du ciel, qu’elle loge dans le sein de Dieu et que l’on ne la peut connaître qu’à mesure qu’il lui plaît de la révéler.
la verdad no está a nuestro alcance ni es nuestra presa, no habita en la tierra, es sierva del cielo [o sirve a un propósito superior], mora en el seno de Dios y solo podemos conocerla en la medida en que a ella le plazca revelarse.
Esto sugiere una interpretación pro-religiosa de la parábola. Pero lo que más me gusta de la historia es que, paradójicamente, también puede interpretarse de forma antirreligiosa o antiautoritaria. La fe que exige el segundo maestro es la fe en el maestro, por muy exaltado o equivocado que pueda ser. Podemos llamar a esto fe ciega, y es una fe con la que muchos, quizás la mayoría de los estudiantes, pasan por la escuela, incluso cuando se encuentran con profesores con distintos puntos de vista sobre el alfabeto, los rudimentos del conocimiento y la religión. La lección que se repite una y otra vez es la importancia de respetar la autoridad.
Hace mucho tiempo, pocos estudiantes podían explicar por qué la Tierra era el centro del universo, y la mayoría de los estudiantes actuales tampoco pueden explicar por qué debe girar alrededor del Sol, pero casi todos sabían o saben cuál es la «verdad» que sus profesores les enseñaban.
La IA (otro de nuestros otros temas aquí) funciona de manera diferente, ya que no se basa en la autoridad, sino en el consenso. 2 + 2 = 4 porque un análisis de cientos de terabytes de datos revela que esta es, con diferencia, la respuesta más frecuente. Si millones y millones de archivos informáticos comenzaran a proponer 5 como la suma de 2 + 2, supongo que la IA cambiaría de opinión. Pero, como me ha señalado uno de mis sobrinos, dado que los resultados de las búsquedas de la IA pasan a formar parte de los datos que la IA busca… Los cambios, para bien o para mal, pueden ser difíciles de alcanzar.
Una vez más, creo que lo que Père Olric de Gélis quería decir es que, si buscamos no solo fragmentos de información, sino verdadera sabiduría, primero debemos recurrir a Dios, a la creencia en un poder superior. Debemos reconocer las limitaciones fundamentales y eternas del entendimiento humano. (Y quizás lo más importante y liberador que podríamos aprender sería la humildad).
Pero desde esta valiosa perspectiva religiosa, lo que da poder a la IA –además de su potencial para generar grandes rendimientos en las inversiones financieras– no son los datos cuestionables que genera tan rápidamente, sino la fe que los usuarios depositan en esta información y en la tecnología en general.
Y en lo que respecta a la religión, podemos señalar que, si bien ha brindado consuelo y orientación a muchas personas, y sigue haciéndolo, la fe también se ha utilizado para engañar a la gente, y las religiones se han utilizado para justificar y fomentar comportamientos erróneos y crueles. No deja de sorprenderme que Cristo y el cristianismo se hayan utilizado, y repetidamente, para justificar el asesinato y la opresión.
Del mismo modo, la fe que se nos ha inculcado en la tecnología, o en lo nuevo en general, nos ha traído muchas desgracias, entre ellas, por citar solo dos ejemplos, los problemas psicológicos y sociales provocados y facilitados por las redes sociales y la devastación medioambiental generalizada y creciente.
Concluyendo a un nivel bastante rudimentario, podríamos decir que ya no necesitamos aprender el alfabeto o cómo calcular el cambio en la cuenta de un restaurante. Tenemos máquinas que hacen todo ese trabajo por nosotros. Y así, nuestra fe nos ha alejado aún más del saber (y de la humildad).
— Text(s) and artwork by William Eaton.
More at Art, Sex, Politics, one of the two collections of Eaton’s essays that have been published by Serving House Books.