On learning to iron . . . De l’apprentissage du repassage . . . Sobre el aprendizaje de la plancha

English followed by une version en français y una versión en español.

On learning to iron

Everett (one of my people) - William Eaton, 2022I am, at 67, learning how to iron my shirts. Mostly I am learning by trial and error, as is my wont, but I did watch a 2-minute video about how to iron a shirt in 2 minutes.

Years ago, mothers taught their daughters to iron, but I suppose it would then have seemed shameful if a son, too, wanted to learn. And, in any case, my family was well off. There was a maid to attend to our clothes. Later, when I lived on my own in New York I brought my shirts to a laundry to be ironed by machines operated by Asian or Latin American immigrants.

In Paris . . . retired . . . I do my own wash. I hang the damp clothes on a rack for air drying, and I have decided to try to learn how to iron.

It is not that difficult. The other evening I got my average time down from 20-30 minutes per shirt to something closer to 5 minutes. This is sufficient. In an hour, 12 shirts. In my retired life, often spent in T-shirts or polo shirts, and willing to wear a shirt two days before rewashing . . . 12 shirts could last a month.

But what I wish to underscore here is the pleasure of mastering some new, manual task, and at my semi-advanced age. The pleasure of a fundamental independence: not being dependent on others. Likely this latter pleasure is greater for someone of my age who fears soon becoming dependent on “carers,” nurses and doctors included.

I ever have in the back of my head the idea of getting away from ethics, away from writing about “the good,” how to live. (And so I’ve gone back to writing fiction.)

My sense is that writing about how best to live is not a sensible activity, and particularly not for those like me (or, say, Plato’s Socrates) who do not believe that human beings can know the good. We can talk about the best way to live, but it’s just talk. Very engaging talk; perhaps, ultimately, there is little more engaging than such talk, but . . .

And yet, what have I done here, in this little text, but assert a good: the learning of a new, manual skill, learning how to do something oneself rather than depending on others? Those who know me well might say that now could be a good time for me to start learning how to get along better with other people. Hardly my strong suit, and it might prove more difficult than ironing. But I’m sure there’s a video.

Français

De l’apprentissage du repassage

À 67 ans, j’apprends à repasser mes chemises. Comme d’habitude, j’apprends surtout par essais et erreurs, mais j’ai regardé une vidéo de 2 minutes sur la façon de repasser une chemise en 2 minutes.

Il y a des années, les mères apprenaient à leurs filles à repasser, mais je suppose qu’il aurait alors semblé honteux qu’un fils veuille lui aussi l’apprendre. Et, de toute façon, ma famille était bien lotie. Il y avait une femme de ménage pour s’occuper de nos vêtements. Plus tard, quand j’ai vécu seule à New York, j’ai apporté mes chemises dans une blanchisserie pour qu’elles soient repassées par des machines actionnées par des immigrés asiatiques ou latino-américains.

A Paris. … retraité… Je fais ma lessive moi-même. J’accroche le linge humide sur un étendoir pour le faire sécher à l’air libre, et j’ai décidé d’essayer d’apprendre à repasser.

Ce n’est pas si difficile. L’autre soir, j’ai réussi à réduire mon temps moyen de 20-30 minutes par chemise à environ 5 minutes. C’est suffisant. En une heure, 12 chemises. Dans ma vie de retraité, souvent passée en T-shirt ou polo, et prêt à garder une chemise deux jours avant de la relaver… . 12 chemises pourraient durer un mois.

Mais ce que je veux souligner ici, c’est le plaisir de maîtriser une nouvelle tâche manuelle, et ce à mon âge semi-avancé. Il est probable que ce dernier plaisir soit plus grand pour quelqu’un de mon âge qui craint de devenir bientôt dépendant des soignants et accompagnateurs, y compris les infirmières et les médecins.

J’ai toujours dans un coin de ma tête l’idée de m’éloigner de l’éthique, de ne plus écrire sur le bien, sur la bonne manière de vivre. (Et c’est ainsi que je me suis remis à écrire de la fiction).

J’ai le sentiment qu’écrire sur la bonne manière de vivre n’est pas une activité sensée, et particulièrement pour ceux qui, comme moi (ou, disons, le Socrate de Platon), ne croient pas que les êtres humains puissent connaître le bien. Nous pouvons parler de la meilleure façon de vivre, mais ce ne sont que des paroles. Des telles discussions peuvent être très prenantes ; peut-être, en fin de compte, n’y a-t-il rien de plus intéressant que de telles discussions, mais…

Et pourtant, qu’ai-je fait ici, dans ce petit texte, sinon affirmer un bien : l’apprentissage d’une nouvelle compétence manuelle, l’apprentissage de la manière de faire quelque chose soi-même plutôt que de dépendre des autres ? Ceux qui me connaissent bien pourraient dire que je ferais mieux de passer mon temps à apprendre à me comporter avec d’autres humains. Ce n’est pas mon point fort et risque d’être plus difficile que le repassage. Mais je suis sûr qu’il y a une vidéo.

Español

Sobre el aprendizaje de la plancha

A mis 67 años, estoy aprendiendo a planchar mis camisas. Por lo general estoy aprendiendo por ensayo y error, como es mi costumbre, pero vi un vídeo de 2 minutos sobre cómo planchar una camisa en 2 minutos.

Hace años, las madres enseñaban a sus hijas a planchar, pero supongo que entonces habría parecido vergonzoso que un hijo también quisiera aprender. Y, en cualquier caso, mi familia era acomodada. Había una criada para atender nuestra ropa. Más tarde, cuando vivía sola en Nueva York, llevaba mis camisas a una lavandería para que las plancharan máquinas manejadas por inmigrantes asiáticos o latinoamericanos.

En París . … retirado… Me hago la colada yo mismo. Cuelgo la ropa húmeda en un perchero para que se seque al aire, y he decidido intentar aprender a planchar mis propias camisas.

No es tan difícil. La otra tarde conseguí bajar el tiempo medio de 20-30 minutos por camisa a algo más cercano a los 5 minutos. Esto es suficiente. En una hora, 12 camisas. En mi vida de jubilado, que a menudo se pasa en camiseta o polo, y dispuesto a guardar una camisa dos días antes de volver a lavarla… 12 camisas podrían durar un mes.

Pero lo que quiero subrayar aquí es el placer de dominar alguna tarea manual nueva, y a mi edad semi-avanzada. El placer de una independencia fundamental: no depender de los demás. Probablemente este último placer es mayor para alguien de mi edad que teme convertirse pronto en dependiente de los “cuidadores”, enfermeras y médicos incluidos.

Siempre tengo en mente la idea de alejarme de la ética, de dejar de escribir sobre el bien, sobre la forma más apropiada de vivir. (Y así empecé a escribir ficción de nuevo).

Creo que escribir sobre la forma apropriada de vivir no es una actividad sensata, especialmente para aquellos que, como yo (o, digamos, el Sócrates de Platón), no creen que los seres humanos puedan conocer el bien. Podemos hablar de la mejor manera de vivir, pero es sólo una charla. Tal vez una charla muy atractiva; tal vez, en última instancia, hay pocas cosas más atractivas que esa charla, pero…

Y sin embargo, ¿qué he hecho aquí, en este pequeño texto, sino afirmar un bien: el aprendizaje de una nueva habilidad manual, aprender a hacer algo uno mismo en lugar de depender de otros? Los que me conocen bien podrían decir que ahora sería un buen momento para aprender a llevarme mejor con otras personas. No es mi fuerte, y podría resultar más difícil que planchar. Pero seguro que hay un vídeo.


— Text(s) and drawing (from my new “My People” series) by William Eaton.

8 comments

  1. Merci William, pour cette leçon de vie. Je crois qu’on ne devrait jamais cesser d’apprendre, quelque soit l’âge. Et peu importe ce que c’est, tant que c’est utile. Surtout si c’est pour dépendre un peu moins des autres.

  2. Repasser des chemises…quel gâchis! Je vous imaginais plus sensible à la crise climatique.
    “how to get along better with other people…”Touchée par votre évocation de personnes modestes je ne pensais que la question se posât.

    • Votre politique, donc, est qu’on ne devrait pas repasser des chemises pour ne pas utiliser l’électricité que le processus exige ? Quant à getting “along better with other people,” évidemment, de temps en temps, dans ce texte, je me moquais de moi, mais aussi, si l’avenir va me rendre plus dépendent des autres – des infirmières, par exemple – une sociabilité risque de compter pour plus qu’une capacité à faire le ménage.

      • Repassez! J’ai cru que vous recevriez ça comme une plaisanterie au milieu de tout ce qui nous accable.Raté,malgré la dernière phrase qui vous témoignait mon estime. Adieu.

        Le mer. 7 sept. 2022 à 22:33, montaigbakhtinian comment-reply@wordpress.com a écrit :

        William Eaton commented: “Votre politique, donc, est qu’on ne devrait pas > repasser des chemises pour ne pas utiliser l’électricité que le processus > exige ? Quant à getting “along better with other people,” évidemment, de > temps en temps, dans ce texte, je me moquais de moi, mais au” >

      • Ma chère Euphronsina, Je ne savais pas si vous vous moquiez ou si vous étiez sérieuse. J’ai essayé dans ma réponse de couvrir les deux possibilités. En tout cas, je ne dirais pas “échoué”. L’estime est partagé.

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