i promise . . . c’est promis . . . te lo prometo . . .

English followed by une version en français y una versión en español.

i promise

Alfred - William Eaton, 2022In the midst of a heat wave, I took refuge in a Paris bookstore café and there met a young woman I have never seen since. We were unable to sustain an in-person conversation but began an online relationship which has been sustained by her enthusiasm for every kind of art museum. She goes to little museums you and I have never heard of and posts pictures of her favorite works and little comments about them. And sometimes I comment enthusiastically on her enthusiasm. Once I alerted her to an old Beach Boys song: I Get Around. This woman gets around, if not in the sense the Beach Boys meant.

I also encouraged her to take up drawing, as a way of learning more about what art-making involves. Recently, I got the sense she was a bit at loose ends, waiting for her French classes to start in October. So I proposed she come to an evening drawing session with me.

Her response: “c’est coooll!!! oui!! ça m’intéresse!” I alerted the session organizer that she would be joining us. And on the morning of the session, when I confirmed the time we would be meeting, she was still gung ho.

But in the afternoon she wrote again, backing out. It seemed she was concerned that she did not know how to draw; she might embarrass herself amid a group of real artists. But I, a man much her senior, thought she might also be afraid I would be expecting something of her. Sex! Or worse: intellectual conversation about art! After the session there might be the challenge—which seems so large to many young people these days: the challenge of having to say no. (E.g.: No, I don’t want to go out for a drink.)

I thought to leave her in peace. I was going to the drawing session anyway and knew other people who would be there. (And, before the afternoon was over, I had texted her to say I thought she was a “good egg”—a good person—and that of course she was not required to do anything she did not want to do.)

But, at first, annoyed, I texted: “Let me try to make a suggestion: don’t be so timid. You’ll go to the drawing session, it will be an interesting experience, you’ll learn a little something about art and the art world, and you’ll make it home to your own bed with a head full of thoughts.”

To which she replied “next time for sure!!! i promise!!!!😊😊😊😊”.

This “i promise” interests me. Why in the midst of not keeping a little commitment you had made would you make yet another? She might (in self-defense, as it were) have written: “I hope to see you at a future drawing session.” But no: “i promise.”

My son, who is the same age as the young woman, proposed that “i promise” has gone the way of “literally,” which, he texted from New York, “is now in the dictionary as a word that means both literally and figuratively.” In other words, the young woman meant simultaneously “I promise” and “Don’t expect anything of me.”

And also, perhaps: “i don’t expect much of myself either”? A friend yet older than me proposed that the “i promise” was “a message to self, an internal plea to come through with a commitment by stating it to another person.”

I have reprised more than once before Theodor Adorno’s observation (made in German) that courtesy had its precise historical hour but later fell into irreparable ruin, living on only as parody, an arbitrarily devised or recollected etiquette for the ignorant.

And so with promises, with commitments small or large to other human beings or to oneself? We—or should I write “young people today”?—retain the language of commitment; we remain attached to the idea of commitment; but the activity itself—the possibility of living in a world in which people’s words count for something—increasingly that seems lost on us.

Am I making a mountain out of a molehill? In a sense, yes, of course, but in another sense—when I think, for example, of the limited commitments of many parents to the children they have brought into the world . . . When I think of the relentless savagery of capitalism, the lack of commitment of corporations and their managers to the well-being of other human beings or other species, I feel that I am making a mountain out of a mountain. (And how many children at a very early age learn once and forever, in their parents’ divorcing, how little human promises might mean?)

Notes

Many thanks to Walter Cummins and Jonah Warner for their help with this piece. Walter, inter alia, quoted the opening sentence of James Joyce’s 1914 story The Dead: “Lily, the caretaker’s daughter, was literally run off her feet.” This might not be an example of the paradoxical duality of the word “literally,” but rather poor diction on Joyce’s part. His Lily was not “literally” run off her feet; she was very busy answering the door bell and helping the guests take off their overcoats.

The Adorno observation, from 1951, appears in E.F.N. Jephcott’s translation of Minima Moralia: Reflexionen aus dem beschädigten Leben (Minima Moralia: Reflections from Damaged Life, Verso, 1978). I have, however, here replaced Jephcott’s “tact” with “courtesy.”

Français

je promets

Au milieu d’une vague de chaleur à Paris, je me suis réfugié dans un café de librairie et j’y ai rencontré une jeune femme que je n’ai jamais revue depuis. Nous n’avons pas pu maintenir une conversation en personne mais avons entamé une relation en ligne qui a été soutenue par son enthousiasme pour tous les types de musées d’art. Elle se rend dans des petits musées dont vous et moi n’avons jamais entendu parler et elle poste des photos et des petits commentaires sur ses œuvres préférées. Et parfois, je commente avec enthousiasme son enthousiasme. Une fois, je l’ai alertée sur une vieille chanson des Beach Boys : I Get Around. Cette femme se déplace aussi, quoique pas dans le sens où l’entendaient les Beach Boys.

Je l’encouragais aussi à se mettre au dessin, afin d’en apprendre davantage sur ce qu’implique la création artistique. Récemment, elle m’a donné l’impression d’être un peu à la dérive, en attendant que ses cours de français commencent en octobre. Je lui ai donc proposé de venir un soir à une séance de dessin avec moi.

Sa réponse : « c’est cool ! oui ! ça m’intéresse ». J’ai prévenu l’organisateur de la séance qu’elle se joindrait à nous. Et le matin de la session, lorsque j’ai confirmé l’heure de notre rencontre, elle était toujours enthousiaste.

Mais dans l’après-midi, elle m’a écrit à nouveau pour faire marche arrière. Elle semblait s’inquiéter du fait qu’elle ne savait pas dessiner et qu’elle risquait de se ridiculiser au milieu d’un groupe de vrais artistes. Et moi, un homme bien plus âgé qu’elle, j’ai pensé qu’elle pouvait aussi avoir peur que j’attende quelque chose d’elle. Du sexe ! Ou pire : une conversation intellectuelle sur l’art ! Après la séance, il y aurait peut-être le défi – qui semble si grand pour beaucoup de jeunes de nos jours : le défi de devoir dire non. (Par exemple : Non, je ne veux pas aller boire un verre.)

J’ai pensé la laisser en paix. J’allais de toute façon à la séance et je connaissais d’autres personnes qui y seraient. (Et, avant la fin de l’après-midi, je lui ai envoyé un message pour lui dire que je pensais qu’elle était “a good egg” – un bon élément – et que, bien entendu, elle n’était pas tenue de faire ce qu’elle ne voulait pas faire.)

Mais, au début, contrarié, j’ai envoyé un texto : « Laisse-moi essayer de te faire une suggestion : ne sois pas si timide. Tu iras à la séance de dessin, ce sera une expérience intéressante, tu apprendras un peu de choses sur l’art et le monde de l’art, et tu rentreras dans ton lit la tête pleine de pensées. »

Ce à quoi elle a répondu : « next time for sure!!! i promise!!!!😊😊😊😊” » (la prochaine fois, c’est sûr, c’est promis).

Ce « i promise » (ou « c’est promis ») m’intéresse. Pourquoi, alors que vous n’avez pas tenu un petit engagement que vous aviez pris, en faire encore un autre ? Elle aurait pu (en état de légitime défense, pour ainsi dire) écrire : « J’espère vous voir à une prochaine séance. » Mais non : c’est promis.

Mon fils, qui a le même âge que la jeune femme, a proposé que « i promise » ait pris le chemin du mot anglais «  literally », qui, a-t-il écrit de New York, « est maintenant dans le dictionnaire comme un mot qui signifie à la fois littéralement et figurativement ». En d’autres termes, la jeune femme voulait dire simultanément « C’est promis » et « N’attendez rien de moi ».

Et aussi  peut-être : « je n’attends rien de moi non plus » ? Un ami encore plus âgé que moi a proposé que le « i promise » soit « un message à soi-même, un appel intérieur à tenir un engagement en le déclarant à une autre personne ».

J’ai déjà repris plus d’une fois l’observation de Theodor Adorno (faite en allemand) : que la courtoisie a eu son heure historique précise mais est ensuite tombée irrémédiablement en ruine, ne vivant plus que sous la forme d’une parodie, d’une étiquette arbitrairement conçue ou rappelée pour les ignorants.

Ainsi en est-il des promesses, des engagements petits ou grands envers d’autres êtres humains ou envers soi-même ? Nous – ou devrais-je écrire « les jeunes d’aujourd’hui » ? – conservons le langage de l’engagement ; nous restons attachés à l’idée de l’engagement ; mais l’activité elle-même – la possibilité de vivre dans un monde où les paroles des gens comptent pour quelque chose – nous échappe de plus en plus?

Est-ce que je fais un bœuf d’une mouche ? Dans un sens, oui, bien sûr, mais dans un autre sens – quand je pense, par exemple, à quel point les engagements de nombreux parents envers les enfants qu’ils ont mis au monde sont limités… Lorsque je pense à la sauvagerie implacable du capitalisme, au manque d’engagement des entreprises et de leurs dirigeants envers le bien-être des autres êtres humains ou des autres espèces, j’ai l’impression de faire un bœuf d’un taureau enragé. (Et combien d’enfants, à un très jeune âge, apprennent une fois pour toutes, lors du divorce de leurs parents, le peu de signification que peut avoir les promesses) ?

Español

te lo prometo

En medio de una ola de calor, me refugié en el café de una librería parisina y allí conocí a una joven que no he vuelto a ver. No pudimos mantener una conversación en persona, pero iniciamos una relación online que se ha mantenido gracias a su entusiasmo por todo tipo de museos de arte. Va a pequeños museos de los que ni tú ni yo hemos oído hablar y publica fotos y pequeños comentarios sobre sus obras favoritas. Y a veces yo comento con entusiasmo su entusiasmo. Una vez la alerté sobre una vieja canción de los Beach Boys: I Get Around Esta mujer se mueve, aunque no en el sentido que los Beach Boys querían decir.

La he animado a que se dedique a dibujar, como una forma de aprender más sobre lo que implica hacer arte. Hace poco, me dio la impresión de que estaba un poco descolgada, a la espera de que empezaran sus clases de francés en octubre. Le propuse que viniera a una sesión de dibujo una noche conmigo.

Su respuesta: « ¡c’est coooll!!! ¡oui!! ¡ça m’intéresse! » Avisé al organizador de la sesión de que se uniría a nosotros. Y la mañana de la sesión, cuando confirmé nuestra hora de encuentro, la joven seguía entusiasmada.

Pero por la tarde volvió a escribir para echarse atrás. Parecía que le preocupaba no saber dibujar y que podría pasar vergüenza en medio de un grupo de verdaderos artistas. Pero yo, un hombre mucho mayor que ella, pensé que también podría tener miedo de que yo esperara algo de ella. ¡Sexo! O peor: ¡conversación intelectual sobre arte! Después de la sesión podría surgir el reto -que parece tan grande para muchos jóvenes hoy en día- de tener que decir que no. (Por ejemplo: No, no quiero salir a tomar una copa).

Pensé en dejarla en paz. Iba a ir a la sesión de todos modos y conocía a otras personas que estarían allí. (Y, antes de que terminara la tarde, le envié un mensaje para decirle que pensaba que era « a good egg » -una buena persona- y que, por supuesto, no estaba obligada a hacer nada que no quisiera.)

Pero, al principio, molesto, envié un mensaje: « Permíteme una sugerencia: no seas tan tímido. Irás a la sesión de dibujo, será una experiencia interesante, aprenderás algo sobre el arte y el mundo del arte, y llegarás a casa a tu propia cama con la cabeza llena de pensamientos. »

A lo que ella respondió « next time for sure!!! i promise!!!!😊😊😊😊” » (la próxima vez seguro, te lo prometo).

Este « i promise » (o « te lo prometo ») me interesa. ¿Por qué en medio de no cumplir con un pequeño compromiso que había hecho haría otro más? Podría haber escrito (en defensa propia, por así decirlo): « I hope to see you at a future drawing session » (espero verte en una futura sesión de dibujo). Pero no: « i promise ».

Mi hijo, que tiene la misma edad que la joven, propuso que « i promise » ha seguido el camino de la palabra inglesa « literally », que -escribió desde Nueva York- ahora está en el diccionario como una palabra que significa a la vez literalmente y figurativamente. En otras palabras, la mujer quería decir simultáneamente « lo prometo » y « no esperes nada de mí ».

Y también, tal vez: « tampoco espero nada de mí ». Un amigo aún mayor que yo propuso que el « i promise » era « un mensaje a uno mismo, una súplica interna para cumplir con un compromiso al declararlo a otra persona ».

Ya he retomado más de una vez la observación de Theodor Adorno (hecha en alemán) de que la cortesía tuvo su hora histórica precisa, pero luego cayó en una ruina irreparable, viviendo sólo como parodia, una etiqueta arbitrariamente concebida o recoleta para los ignorantes.

¿Así sucede con las promesas, los compromisos pequeños o grandes con otros seres humanos o con uno mismo? Nosotros -o ¿debería escribir « los jóvenes de hoy »?- mantenemos el lenguaje del compromiso, seguimos apegados a la idea del compromiso, pero la actividad en sí -la posibilidad de vivir en un mundo en el que las palabras de la gente cuenten para algo- ¿se nos escapa cada vez más?

¿Estoy haciendo una montaña de un grano de arena? En cierto sentido, sí, por supuesto, pero en otro sentido, cuando pienso, por ejemplo, en lo limitados que son los compromisos de muchos padres con los hijos que han traído al mundo… Cuando pienso en el implacable salvajismo del capitalismo, cuando pienso en la falta de compromiso de las empresas y sus directivos con el bienestar de otros seres humanos u otras especies, siento que estoy haciendo una montaña de una montaña. (¿Y cuántos niños, a una edad muy temprana, aprenden de una vez por todas, cuando sus padres se divorcian, el poco sentido que pueden tener las promesas?)


— Text(s) and drawing by William Eaton.

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