Yes, she had heard of love . . . Oui, elle avait entendu . . . hablar del amor (+ Carina, Carina)

Some great poems may have been published on Montaigbakhtinian (see the brief list of possibilities below). The present poem is not so ambitious, but it is its modesty that I like.

Une version en français y una versión en español follow the English. Et, en bonus (!), à la toute fin de cet ouvrage, vous trouverez ma traduction de la chanson de blues américaine Corrine, Corrina.


Yes, she had heard of love

Yes, she had heard of love, but

She could not see she’d ever have time for it.

(She had a very long commute.)

In her shop men and women came

And went, some of course nicer than others,

A few offering compliments.

But, frankly, she found the work

So hard – trying to master certain techniques –

In the train she fell asleep.

Not that she noticed, but there was

One man, who liked the work she did, her slender

Form, her modest way.

At Christmastime he brought her

Some chocolate, that was nice of him.

He could see he should not flirt

Or ask her out; she was busy

With her work. And though, of course, she’d heard of

Love, she had no time for it.

Brief list of, let’s call them highly promising poems

Français

Oui, elle avait entendu parler de l’amour

Oui, elle avait entendu parler de l’amour, mais

Elle ne voyait pas comment elle pourrait y consacrer du temps.

(Son trajet était très long.)

Dans son magasin, des hommes et des femmes

Allaient et venaient, certains par nature plus gentils,

Quelques-uns lui adressaient des compliments.

Mais, franchement, elle trouvait son travail

Tellement difficile. Elle ne parvenait pas à maîtriser certaines techniques, et

Dans le train, elle s’endormait.

Elle ne l’avait pas remarqué, mais il y avait

Un homme qui aimait le travail qu’elle faisait pour lui.

Il appréciait ses manières modestes

Et sa silhouette élancée.

À Noël, il lui avait apporté du chocolat.

C’était gentil de sa part.

Il savait qu’il ne devait pas

Lui proposer qu’ils aillent prendre un verre quelque part

Elle était fort occupée.

Bien qu’elle ait entendu parler

De l’amour, elle n’avait pas le temps.

Español

Sí, había oído hablar del amor

Sí, había oído hablar del amor, pero

no veía cómo podría tener tiempo para ello.

(Tenía un trayecto muy largo).

En su tienda, hombres y mujeres iban

y venían, algunos, por supuesto, más agradables.

Unos pocos le hacían cumplidos.

Pero, francamente, el trabajo le resultaba

tan duro –intentar dominar ciertas técnicas–que

se quedaba dormida en el tren.

Ella no se dio cuenta, pero había

un hombre al que le gustaba el trabajo que ella hacía

y sus modales modestos

y su esbelta silueta.

En Navidad, él le trajo chocolate, lo cual

fue un detalle por su parte.

Él sabía que no debía invitarla

a tomar una copa. Ella estaba muy ocupada

con su trabajo. Aunque había oído hablar

Del amor, no tenía tiempo.

Carina, Carina

« Corrine, Corrina » est une chanson américaine traditionnelle dont les origines remontent loin. Elle était enregistrée pour la première fois en 1928 par Bo Carter (image à droit), qui était, il semble, le premier à utiliser le refrain “Corrina, where you been so long?”.

Depuis, la chanson a été reprise par Big Joe Turner, Mississippi John Hurt, Muddy Waters, Bob Dylan, Taj Mahal et bien d’autres. Pour élaborer la traduction suivante, je me suis inspiré des paroles de différents chanteurs.

La chanson m’est revenue à l’esprit après avoir rencontré à Paris une charmante serveuse franco-péruvienne nommée Carina. Je remarque qu’en français, ce nom se prononce sans accent tonique ; toutes les syllabes ont le même poids. Cependant, en anglais comme en espagnol, on accentue la deuxième syllabe : CarIna.

Carina, Carina

Carina, Carina, mais ça fait trop longtemps.

Carina, Carina, mais ça fait vraiment trop longtemps.

Sans toi dans mes bras, tout n’est qu’absence.

J’ai un oiseau qui sifle, j’ai un oiseau qui chante.

J’ai un oiseau qui sifle, j’ai un oiseau qui chante.

Mais sans ma Carina, je me perds dans le silence.

Moi, je t’aime Carina, je n’ai pas honte de le dire !

Moi, je t’aime Carina, je n’ai pas honte de le dire !

Je prie chaque nuit… Quand va-t-elle consentir ?

Carina, Carina, qu’est-ce qui se passe maintenant ?

Carina, Carina, qu’est-ce qui se passe maintenant ?

Je ne demande qu’une lettre, et que tu m’aimes éternellement.

Carina, Carina, qu’est-ce que tu vas faire ?

Carina, Carina, qu’est-ce que tu vas faire ?

Juste un peu d’amour te coûterait si cher ?

Carina, Carina, dans ma tête t’es partout,

Carina, Carina, dans ma tête t’es partout,

Parmi les rêves et les cendres, et les larmes surtout.


— Poem(s), translation and photograph by William Eaton.

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