English followed by une version en français y una versión en español. And allow me to ask here at the outset if there are species that deserve to be considered nicer, or much nicer, than homo sapiens sapiens? Bees, for example, would seem to do some major positive things and few negative ones, the occasional sting aside. (The image is a headline from Le monde; translation: There’s nothing more natural than eating your own kind.)
I have often heard other people referred to as “nice”
As I approach the end, or its beginning, I find myself wishing that I had been a better person. Oh, I have not been that bad. There might be someone to say I am unusually honest or reliable, have at times been quite generous, etc. But I wish that at certain moments, with certain people . . .
What is it, in fact? Our interests clashed? And there are people who have known better than I how to avoid such clashes, and how not, in moments of conflict, to be too harsh or, say, too forthright (honest)? How to be charitable and not insist that human beings (myself included) meet a high standard which they/we simply cannot meet?
Iam a big fan of ice hockey—a violent game, it must be said. The announcers of the games I watch are forever saying about some former player that he was a wonderful person, a great friend, one of the nicest guys you’ll ever meet. I can’t imagine anyone ever saying that about me.
Although, on the other hand, there are a few players about whom something else is said. For example, those who were brought down by alcoholism. (And usually they have subsequently triumphed over their addiction, done the hard work of rebuilding their lives.)
My only addiction has been to writing, and it is an open question as to whether I ever will triumph over it. And if at times I have been uncharitable, unyielding, self-centered, my commitment to writing has played a part, although by no means the only one.
I also find myself recalling that when I lived for a few years in the American South, I often heard other people referred to as “nice” (and, perhaps, as “great friends” as well). I came to realize that what this meant above all was that they were one of “us” (or them), part of the white establishment. The members of which had not, of course, always treated other people very nicely. (To put it mildly! Even in my day agricultural businesses would import illegal immigrants to do the hardest jobs at subsistence wages. And then, every once in while, they would have the police raid the workers’ barracks to harass or deport the workers so that they could never even dream of asking for anything like the official minimum wage.)
Ithink I know people who have been more consistently honorable in their dealings with friends and lovers than I have been. And, yes, there are “nice” people throughout the world who manage to behave in this admirable way with their relatives, friends and colleagues, while earning a good living in businesses that involve routinely taking advantage of or otherwise harming other people in ways and to an extent I would find, in addition to morally repugnant, impossible.
I have also known people who have been highly and openly committed to being good, and particularly to advocating for good political causes—to protect the environment, end wars and racism, and so forth. But I know these people (myself included) well enough to realize that people like this can, at least sometimes, be ungenerous, excessively judgmental or insufficiently thoughtful. There are those who are intolerant in their lobbying for various kinds of tolerance, who stereotype as they lobby against stereotyping, etc.
The town where I go in the summers had an excellent mayor who at some point also served for a month as a high-ranking French legal officer. This led him to remark: « Si je suis le seul ministre de la Justice à ne pas avoir commis d’erreur, c’est parce que je n’ai pas eu le temps ». If I am the only ministre de la Justice who has not made a mistake, it’s because I haven’t had enough time.
From this perspective, I might say that I have certainly held my post—been living my life—long enough to have made plenty of mistakes.
Français
J’ai souvent entendu dire que certaines autres étaient « nice » (gentils)
Alors que j’approche de la fin, ou plutôt de son commencement, je me surprends à regretter de ne pas avoir été quelqu’un de mieux (sur le plan moral). Oh, je n’ai pas été si mauvais que ça. Certains diront peut-être que je suis d’une sincérité (ou franchise) et d’une fiabilité hors du commun, que j’ai parfois fait preuve d’une grande générosité, etc. Mais j’aurais aimé, à certains moments, avec certaines personnes…
Qu’est-ce que c’est, au fond ? Nos intérêts se sont heurtés ? Et il y a des gens qui ont su mieux que moi comment éviter de tels heurts, et comment, dans les moments de conflit, ne pas être trop durs ou, disons, trop francs (honnêtes) ? Comment faire preuve d’indulgence et de ne pas exiger des êtres humains (moi y compris) qu’ils répondent à des attentes élevées auxquelles ils/nous ne pouvons tout simplement pas satisfaire ?
Je suis un grand fan de hockey sur glace — un sport violent, il faut le dire. Les commentateurs des matchs que je regarde ne cessent de dire, à propos de tel ou tel ancien joueur, que c’était quelqu’un de formidable, un ami génial, l’un des types les plus sympas que l’on puisse rencontrer. Je ne peux pas imaginer que quelqu’un dise un jour cela de moi.
Bien que, d’un autre côté, il y ait quelques joueurs à propos desquels on dit autre chose. Par exemple, ceux qui ont été détruits par l’alcoolisme. (Et généralement, ils ont par la suite triomphé de leur dépendance, accompli le dur travail de reconstruire leur vie.)
Ma seule dépendance a été l’écriture, et la question reste ouverte de savoir si je parviendrai un jour à la surmonter. Et si, parfois, j’ai été peu charitable, intransigeant, égocentrique, mon engagement envers l’écriture y a joué un rôle, bien que ce ne soit le seul.
Je retrouve également en mémoire que, lorsque j’ai vécu quelques années dans le Sud des États-Unis, j’entendais souvent qualifier certaines personnes de « nice » (gentils, et, peut-être, ils étaient des « grands amis » aussi). J’ai fini par comprendre que cela signifiait avant tout que ces personnes faisaient partie des « nôtres » (ou des leurs), qu’elles appartenaient à l’establishment blanc. Dont les membres, bien sûr, n’avaient pas toujours traité les autres très gentiment. (C’est le moins qu’on puisse dire ! Même à mon époque, les exploitations agricoles faisaient venir des immigrés clandestins pour effectuer les travaux les plus pénibles contre des salaires de misère. Puis, de temps à autre, elles faisaient intervenir la police dans les baraquements des ouvriers pour les harceler ou les expulser, afin qu’ils ne puissent même pas songer à réclamer quoi que ce soit qui s’apparente au salaire minimum officiel.)
Je pense connaître des gens qui se sont montrés plus honnêtes que moi dans leurs relations avec leurs amis et leurs partenaires. Et, oui, partout dans le monde il y a des gens « gentils » qui parviennent à se comporter de cette manière admirable avec leurs parents, leurs amis et leurs collègues, tout en gagnant bien leur vie dans des activités qui consistent régulièrement à profiter d’autrui ou à lui nuire d’une manière et dans une mesure que je trouverais non seulement moralement répugnantes, mais aussi impossibles.
J’ai également connu des personnes qui se sont ouvertement et profondément engagées à faire le bien, et en particulier à défendre de bonnes causes politiques – protéger l’environnement, mettre fin aux guerres et au racisme, etc. Mais je connais suffisamment bien ces personnes (moi y compris) pour me rendre compte que des gens comme eux (ou nous) peuvent, du moins parfois, se montrer mesquins, trop critiques ou pas assez attentionnés. Il y a ceux qui font preuve d’intolérance dans leur plaidoyer en faveur de diverses formes de tolérance, qui recourent aux stéréotypes tout en en luttant contre les stéréotypes, etc.
La ville où je me rends chaque été avait un excellent maire qui, à un moment donné, a également occupé pendant un mois un poste de haut fonctionnaire juridique français. Cela l’a amené à faire remarquer : « Si je suis le seul ministre de la Justice à ne pas avoir commis d’erreur, c’est parce que je n’ai pas eu le temps ».
De ce point de vue, je pourrais dire que j’ai certainement occupé mon poste (ma vie particulière) assez longtemps pour avoir commis de nombreuses erreurs.
Español
He oído a menudo que se refiere a otras personas como «nice» (amable)
A medida que me acerco al final, o a su comienzo, sigo pensando que me hubiera gustado ser una persona mejor (desde el punto de vista moral). Oh, tampoco he sido tan malo. Puede que haya alguien que diga que soy inusualmente honesto o de fiar, que a veces he sido bastante generoso, etc. Pero ojalá en ciertos momentos, con ciertas personas…
¿Qué es, en realidad? ¿Que nuestros intereses chocaron? Y hay personas que han sabido mejor que yo cómo evitar esos choques y cómo, en momentos de conflicto, no ser demasiado duros o, digamos, demasiado directos (¿honestos?). ¿Cómo ser indulgente y no insistir en que los seres humanos (yo incluido) alcancen un nivel tan alto que ellos (o nosotros) simplemente no podemos alcanzar?
Soy un gran aficionado al hockey sobre hielo –un deporte violento, hay que decirlo. Los comentaristas de los partidos que veo no paran de decir de algún exjugador que era una persona maravillosa, un gran amigo, uno de los tipos más simpáticos que te puedas encontrar. No me imagino a nadie diciendo eso de mí.
Aunque, por otro lado, hay algunos jugadores de los que se dice algo diferente. Por ejemplo, aquellos a los que el alcoholismo llevó a la ruina. (Y, por lo general, posteriormente han vencido su adicción y han realizado el arduo trabajo de reconstruir sus vidas).
Mi única adicción ha sido la escritura, y sigue siendo una incógnita si alguna vez lograré vencerla. Y si en ocasiones he sido poco caritativo, o inflexible o egocéntrico, mi compromiso con la escritura ha tenido algo que hacer, a pesar de que no ha sido el único factor.
También me viene a la mente que, cuando viví unos años en el sur de Estados Unidos, solía oír que se calificaba a otras personas de «nice» (amables, y, quizá, también «grandes amigos»). Llegué a darme cuenta de que eso significaba, sobre todo, que eran uno de «los nuestros» (o de los ellos), parte de la élite blanca. Los miembros de este, por supuesto, no siempre habían tratado muy bien a los demás. (¡Por decirlo suavemente! Incluso en mi época, las empresas agrícolas importaban inmigrantes ilegales para que realizaran los trabajos más duros a salarios de subsistencia. Y luego, de vez en cuando, hacían que la policía hiciera redadas en los barracones de los trabajadores para acosarlos o deportarlos, de modo que ni siquiera pudieran soñar con pedir algo parecido al salario mínimo oficial.)
Creo que conozco a personas que se han comportado de forma más honrada y constante en su trato con amigos y parejas que yo. Y sí, en todo el mundo hay gente «amable» que consiguen comportarse de esta forma tan admirable con sus familiares, amigos y compañeros de trabajo, al tiempo que se ganan bien la vida en negocios en los que se aprovecha o se perjudica habitualmente a otras personas de formas y en una medida que yo consideraría, además de moralmente repugnantes, imposibles.
También he conocido a personas que se han comprometido de forma firme y abierta a ser buenas y, en particular, a defender buenas causas políticas: proteger el medio ambiente, acabar con las guerras y el racismo, etcétera. Pero conozco a estas personas (incluido yo mismo) lo suficientemente bien como para darme cuenta de que gente así puede, al menos a veces, ser poco generosa, excesivamente crítica o insuficientemente considerada. Hay quienes son intolerantes en su defensa de diversos tipos de tolerancia, quienes recurren a estereotipos mientras luchan contra los estereotipos, etc.
La localidad a la que voy en verano tenía un excelente alcalde que, en un momento dado, también ocupó durante un mes un alto cargo como funcionario judicial francés. Esto le llevó a comentar: « Si je suis le seul ministre de la Justice à ne pas avoir commis d’erreur, c’est parce que je n’ai pas eu le temps ». Si soy el único ministre de la Justice que no ha cometido ningún error, es porque no he tenido tiempo.
Desde esta perspectiva, podría decir que sin duda he ocupado mi cargo (he vivido mi vida) el tiempo suficiente como para haber cometido un montón de errores.
— Texts and photograph by William Eaton.
Check out Art, Sex, Politics, one of the two collections of Eaton’s essays that have been published by Serving House Books.
We may note, too, that as Southerners in the United States use the word “nice,” in other countries there are “gentlemen” and “gentilhommes,” who are not necessarily “gentil” (nice).