Three stories, at least – à propos du progrès (AI-IA?) – y los caballos muertos

English followed by une version en français y una versión en español. Faute de mieux, j’ai dû utiliser une photo prise à Marseille au lieu de New York.

At least we can still swap stories!

Long before I moved to France, I spent some afternoons helping an NYU literature professor renovate his townhouse. One day he remarked to me that before the Renaissance when artisans built or renovated something they worked on all aspects of it, both what was going to be visible and what would not be seen. The progress of the Renaissance involved doing less, of only being concerned with outward appearances.

One might think of any number of similar contemporary “innovations,” to include the phone-answering robots that now provide customer service in appearance only. The value—for the client or for the organization—of the service these robots provide is outweighed by how annoyed they make customers, but . . . That’s progress for you.

Telling this story to a friend the other day I was reminded of another old chestnut. I used to know a Moroccan man who ran a very good French restaurant in New York’s East Village. We were talking about a chain of Belgian restaurants in New York, which, not too many years after our conversation, went out of business. The man remarked that this chain was largely owned, not by the Belgian brothers one often saw in the restaurants, but by investors whose interest was, as ever, return on investment. And thus, for example, at the end of each year when the business’ financials were reviewed, questions would be posed. For example, why are we spending so much on bread? Is there any way we could spend less? Inevitably the quality of the bread, or of the moules frites, would go down. (Similarly, a business journalist once told me that the quality and value of brands almost inevitably declines; what begins as a luxury item can end up a low-cost alternative.)

That’s progress for you?

Of course, it being 2026, AI was hovering in the background of the conversation with my friend. He had told me, for example, that he thought Google had trashed the quality of its search acronym in order to encourage or force users to switch to AI-aided searches. And we had a laugh at the stories of robot delivery vehicles that ask human beings to press crosswalk buttons for them. And this, of course, when the great advantage of robot-deliverers is that they do not have to be paid like or treated like human beings. (In August The Guardian ran a story that I did not read, but it came with this headline: AI vaginas, customisable personalities and fake bruises: the sex doll market is booming. Does it matter how the dolls are treated?.)

So shall we say that all this led inevitably to my third story, a longtime favorite. More than a hundred years ago, a peddler on New York’s Lower East Side had a horse to pull the cart with his wares, and he realized that a hefty percentage of his potential profits were going to feed this horse. So he thought to feed the horse less. And this proving profitable, he thought to feed the horse yet less. Just the man’s bad luck, when he’d gotten the horse down to zero, the damn thing died.

Français

Au moins on peut encore échanger sur toutes sortes de sujets ! (Ou juste un ?)

Bien avant de m’installer en France, j’ai passé quelques après-midis à aider un professeur de littérature de l’université de New York (NYU) à rénover sa maison mitoyenne. Un jour, il m’a fait remarquer qu’avant la Renaissance, lorsque les artisans construisaient ou rénovaient quelque chose, ils s’occupaient de tous les aspects de l’ouvrage, tant ce qui allait être visible que ce qui ne le serait pas. L’évolution de la Renaissance a consisté à en faire moins, à ne se soucier que des apparences extérieures.

On pourrait citer toute une série d’« innovations » contemporaines similaires, notamment les robots de réponse téléphonique qui, aujourd’hui, ne font que donner une apparence de service client. La valeur — tant pour le client que pour l’entreprise — du service fourni par ces robots est contrebalancée par l’agacement qu’ils provoquent chez les clients, mais… C’est ça, le progrès.

En racontant cette histoire à un ami l’autre jour, je me suis souvenu d’une autre vieille anecdote. Je connaissais autrefois un Marocain qui tenait un très bon restaurant français dans l’East Village, à New York. Nous parlions d’une chaîne de restaurants belges à New York qui, quelques années à peine après notre conversation, a fait faillite. Cet homme faisait remarquer que cette chaîne n’appartenait pas principalement aux frères belges que l’on voyait souvent dans les restaurants, mais à des investisseurs dont l’intérêt, comme toujours, était le retour sur investissement. Ainsi, par exemple, à la fin de chaque année, lorsque les comptes de l’entreprise étaient examinés, des questions étaient posées. Par exemple : pourquoi dépensons-nous autant pour le pain ? Y a-t-il un moyen de réduire ces dépenses ? Inévitablement, la qualité du pain, ou des moules-frites, s’en trouvait affectée. (De la même manière, un journaliste spécialisé dans le commerce de détail m’a un jour confié que la qualité et la valeur des marques déclinent presque inévitablement ; ce qui débute comme un produit de luxe peut finir par devenir une alternative bon marché.)

C’est ça, le progrès ?

Bien sûr, comme nous étions en 2026, l’IA planait en arrière-plan de ma conversation avec mon ami. Il m’avait dit, par exemple, qu’il pensait que Google avait saboté la qualité de son moteur de recherche afin d’encourager, voire de forcer, les utilisateurs à passer à des recherches assistées par l’IA. Et nous avions bien ri en écoutant les anecdotes sur ces robots-livreurs qui demandent aux êtres humains d’appuyer sur les boutons des passages piétons à leur place. Et cela, bien sûr, alors que le grand avantage des robots-livreurs est qu’ils n’ont pas besoin d’être payés ni traités comme des êtres humains. (En août, The Guardian a publié un article que je n’ai pas lu, mais dont le titre était le suivant : AI vaginas, customisable personalities and fake bruises: the sex doll market is booming. Does it matter how the dolls are treated? (Vagins IA, personnalités personnalisables et faux bleus : le marché des poupées sexuelles est en plein essor. » Est-ce que la manière dont ces poupées sont traitées a de l’importance ?)

Disons donc que tout cela m’a inévitablement conduit à ma troisième histoire, l’une de mes préférées depuis longtemps. Il y a plus d’un siècle, un colporteur du Lower East Side de New York possédait un cheval pour tirer la charrette contenant ses marchandises, et il s’est rendu compte qu’une part importante de ses bénéfices potentiels servait à nourrir ce cheval. Il a donc décidé de le nourrir moins. Et comme cela s’avérait rentable, il a décidé de le nourrir encore moins. Malheureusement pour lui, alors qu’il avait réussi à réduire la ration du cheval à zéro, la maudite bête est morte.

Español

¡Al menos todavía podemos hablar de todo tipo de temas! (¿O solo de uno?)

Mucho antes de mudarme a Francia, pasé algunas tardes ayudando a un profesor de literatura de la NYU a reformar su casa adosada. Un día me comentó que, antes del Renacimiento, cuando los artesanos construían o reformaban algo, se ocupaban de todos los aspectos de la obra, tanto de lo que iba a quedar a la vista como de lo que no se vería. El avance del Renacimiento supuso hacer menos, preocuparse únicamente por las apariencias externas.

Se puede pensar en numerosas «innovaciones» contemporáneas similares, entre ellas los robots que contestan al teléfono y que, en la actualidad, solo aparentan ofrecer un servicio de atención al cliente. El valor —tanto para el cliente como para la organización— del servicio que prestan estos robots queda eclipsado por lo mucho que molestan a los clientes, pero… Así es el progreso.

Al contarle esta historia a un amigo el otro día, me vino a la mente otra vieja anécdota. Conocí a un marroquí que regentaba un restaurante francés muy bueno en el East Village de Nueva York. Estábamos hablando de una cadena de restaurantes belgas en Nueva York que, pocos años después de nuestra conversación, cerró. El hombre comentó que esa cadena no era propiedad, en su mayor parte, de los hermanos belgas a los que se veía a menudo en los restaurantes, sino de inversores cuyo interés era, como siempre, la rentabilidad de la inversión. Y así, por ejemplo, al final de cada año, cuando se revisaban las cuentas de la empresa, se planteaban preguntas. Por ejemplo: «¿Por qué gastamos tanto en pan? ¿Hay alguna forma de gastar menos?». Inevitablemente, la calidad del pan, o de las moules frites, se resentía. (Del mismo modo, un periodista especializado en comercio minorista me comentó una vez que la calidad y el valor de las marcas disminuyen de forma casi inevitable; que se inicia como un artículo de lujo puede llegar a ser una alternativa barata.)

¿Eso es lo que se llama progreso?

Por supuesto, al ser el año 2026, la IA rondaba en segundo plano en la conversación con mi amigo. Me había dicho, por ejemplo, que creía que Google había saboteado la calidad de su motor de búsqueda con el fin de animar u obligar a los usuarios a pasar a las búsquedas asistidas por IA. Y nos reímos con las historias de los vehículos de reparto robotizados que piden a los seres humanos que pulsen por ellos los botones de los pasos de peatones. Y esto, por supuesto, cuando la gran ventaja de los robots repartidores es que no hay que pagarles ni tratarlos como a seres humanos. (En agosto, The Guardian publicó un artículo que no leí, pero que llevaba este titular: AI vaginas, customisable personalities and fake bruises: the sex doll market is booming. Does it matter how the dolls are treated? (Vaginas con IA, personalidades personalizables y moratones falsos: el mercado de las muñecas sexuales está en auge». ¿Importa cómo se trata a las muñecas?)

¿Podríamos decir, pues, que todo esto condujo inevitablemente a mi tercera historia, una de mis favoritas desde hace mucho tiempo? Hace más de cien años, un vendedor ambulante del Lower East Side de Nueva York tenía un caballo que tiraba del carrito con su mercancía, y se dio cuenta de que un porcentaje considerable de sus beneficios potenciales se iba en alimentar a ese caballo. Así que se le ocurrió darle menos de comer. Y como esto resultó rentable, pensó en darle aún menos. Pero, por mala suerte, justo cuando había conseguido reducir la ración del caballo a cero, el maldito animal se murió.

William Eaton. In a similar vein: Robinson Jeffers, “The Purse Seine” (et le pass vaccinal? y ¿el calentamiento global?)

2 comments

  1. Laissons toute sa place à la langue française qui mérite d’être développée à travers le monde

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